Souriante devant les caméras, à l'ombre des pyramides, la Première Dame américaine Melania Trump a bouclé samedi en Egypte sa tournée africaine marquée par des séances photos avec des éléphanteaux ou des écoliers, loin du tumulte politique qui agite Washington.

États-Unis

Melania Trump boucle sa tournée africaine en Egypte

Souriante devant les caméras, à l'ombre des pyramides, la Première Dame américaine Melania Trump a bouclé samedi en Egypte sa tournée africaine marquée par des séances photos avec des éléphanteaux ou des écoliers, loin du tumulte politique qui agite Washington.

Au cours de ce voyage présenté comme une visite "diplomatique et humanitaire", Mme Trump a tenté de montrer une image attrayante de l'administration américaine. 

Après avoir entamé son voyage mardi au Ghana, elle a effectué un arrêt au Malawi, puis au Kenya, avant de terminer samedi par l'Egypte.

Dans une rare prise de parole devant la presse samedi en Egypte, Mme Trump a affirmé que le but de son voyage était de "montrer au monde" que les Etats-Unis aident les pays africains.

Interrogée sur le fait que son mari aurait qualifié de "pays de merde" Haïti et des pays africains, elle a répondu : "personne ne m'en a parlé et je ne l'ai jamais entendu faire ces commentaires".
 

La Première Dame des Etats-Unis Melania Trump est reçue par le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi et son épouse Intissar Amer al-Sisi à son arrivée au palais présidentiel au Caire le 6 octobre 2018 / © POOL/AFP / DOUG MILLS

Le voyage de Melania Trump intervient alors qu'à Washington le débat politique est vif à quelques semaines des élections de mi-mandat au Congrès où la majorité républicaine doit affronter en novembre un possible regain des démocrates.

Par ailleurs, la classe politique est agitée par le processus controversé de confirmation comme juge de la Cour suprême de Brett Kavanaugh, accusé par plusieurs femmes d'agressions sexuelles ou de comportements déplacés dans sa jeunesse, ce qu'il nie fermement. 

Répondant à la presse samedi, Mme Trump a jugé "hautement qualifié" M. Kavanaugh, mais s'est dans le même temps dite "heureuse" que l'une de ses accusatrices, Christine Ford, ait été entendue.

Selon Jennifer Lawless, professeure de Sciences politiques à l'Université de Virginie, le voyage de Mme Trump tombe à pic même s'il peut avoir été planifié avant que le scandale Kavanaugh n'éclate.
 

La Première dame des Etats-Unis Melania Trump sort de son véhicule le 1er octobre 2018 dans la base aérienne d'Andrews, dans le Maryland (Etats-Unis), avant de monter dans un avion militaire qui va la conduire en Afrique / © AFP / SAUL LOEB 

"Froncements de sourcils" 

"C'est la meilleure chose qui puisse arriver à la Maison Blanche", dit-elle. "Cela envoie le message que la vie continue à la Maison Blanche", selon elle.

Aux Etats-Unis comme sur la scène internationale, la Première Dame s'est jusqu'ici tenue à distance de l'action de son mari.

Jeudi, ce dernier l'a encouragé publiquement dans un tweet : "Notre formidable Première Dame, Melania, s'en sort très bien en Afrique. Les gens l'adorent, et elle les adore. C'est formidable à voir".
 

Melania Trump en visite au Fonds David Sheldrick pour la faune sauvage à Nairobi le 5 octobre 2018 / © AFP / SAUL LOEB

Les premières étapes de l'opération séduction n'ont pourtant pas mobilisé les foules ni suscité de ferveur, et Mme Trump a essuyé de nombreuses critiques sur ses choix vestimentaires.

A son départ de la base aérienne d'Andrews lundi, elle s'est attirée de nombreux commentaires sur ses talons aiguilles à motif léopard.

Et le casque colonial qu'elle a porté au Kenya a soulevé une vague de critiques. Réseaux sociaux et presse internationale se sont emparés de ce qui en Afrique reste un symbole de la domination coloniale.

"Melania Trump provoque des froncements de sourcils en Afrique avec un nouveau chapeau blanc", titrait notamment le New York Times vendredi. 
 

La Première Dame des Etats-Unis Melania Trump (G) lors d'un safari avec Nelly Palmeris (D), la responsable du Parc national de Nairobi dans la capitale du Kenya le 5 octobre 2018 lors d'une tournée en Afrique / © AFP / SAUL LOEB

Samedi, entourée de mesures de sécurité très strictes, la Première Dame des Etats-Unis a été accueillie à l'aéroport du Caire par l'épouse du président Abdel Fatah al-Sissi, Entissar al-Sissi. Elle s'est ensuite rendue au palais présidentiel où elle a rencontré M. Sissi.

Puis, elle a été conduite à l'ambassade américaine, avant de terminer sa visite par le site des pyramides de Guizeh, près du Caire. Posant au pied du Sphinx, elle arborait cette fois-ci un chapeau panama.

La solide relation établie entre Le Caire et Washington après les accords de Camp David en 1978, a connu une période trouble après la destitution en 2013 du président issu des Frères musulman Mohamed Morsi.

L'aide militaire américaine à l'Egypte de 1,3 milliards de dollars, avait alors été temporairement suspendue en réaction à la répression contre les partisans de M. Morsi et aux violations des droits de l'Homme.

Pendant ce voyage africain, essentiellement destiné aux photographes et vidéastes de presse, Mme Trump a notamment donné le biberon à des éléphanteaux et fait un bref safari au Kenya. 

Auparavant, au Ghana, elle s'est rendue mercredi dans un ancien fort esclavagiste. A Lilongwe au Malawi, où elle a visité une école primaire jeudi, Mme Trump a été accueillie par des slogans anti-Trump.



©AFP

Priscilla Wolmer
Directrice de la rédaction