Majdouline Cherni est la ministre des Sports et de la Jeunesse en Tunisie. En début de semaine, elle a effectué une descente inopinée à la direction générale des sports au sein de son département. Une visite à l’air du temps puisqu’elle s’est faite en direct, sur le réseau social Facebook.

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Tunisie : controverse autour d'un Facebook Live de la ministre de la Jeunesse

Majdouline Cherni est la ministre des Sports et de la Jeunesse en Tunisie. En début de semaine, elle a effectué une descente inopinée à la direction générale des sports au sein de son département. Une visite à l’air du temps puisqu’elle s’est faite en direct, sur le réseau social Facebook.

Mais très vite, l’initiative de la ministre a alimenté les polémiques, certains lui reprochant une attitude hautaine et arrogante envers ses agents. Sous l‘œil de la caméra de son service de communication, Majdouline Cherni questionne ses agents sur les dossiers sur lesquels ils travaillent et critiquent certains pour les retards accumulés.

"Cela prend-il un mois pour fournir une analyse ?", demande-t-elle par exemple à l’une des personnes dans la vidéo. "Cela devrait prendre une semaine", a-t-elle lancé. A un autre, elle demande tout simplement de retirer son cendrier car il est interdit de fumer dans les bureaux. Ces scènes, entièrement filmées qui ont déjà généré plus de 100 000 vues, ont suscité le débat en Tunisie.

Un mandat de polémiques

Ils sont, en effet, nombreux les admirateurs de la ministre qui louent son approche et son efficacité. Mais, les critiques sont tout aussi nombreuses. Si certains admettent que les contrôles sont une belle initiative, ils regrettent cependant que cela se fasse en direct sur un réseau social, sans qu’on ait obtenu la permission des agents filmés. Et puis, il y a ces détracteurs qui voient dans le geste de Mme Cherni une manière de prouver aux Tunisiens qu’elle est à l‘œuvre, alors que son bilan est "vide".

Depuis son arrivée au maroquin des Sports et de la Jeunesse en août 2016, Majdouline Cherni est la cible de virulentes critiques. On lui reproche notamment d’avoir "marchandé" avec la mémoire de son frère Socrate Cherni – lieutenant de la garde nationale tué dans le combat de Sidi Ali Ben Aoun le 23 octobre 2013 – mais également sa méconnaissance de la filière sportive.

Priscilla Wolmer
Directrice de la rédaction