L'homme fort des Maldives Abdulla Yameen, battu à la présidentielle de septembre dont il demande l'invalidation, a blâmé une "encre…

Maldives

Présidentielle aux Maldives : Yameen attribue sa défaite à une "encre disparaissante"

L'homme fort des Maldives Abdulla Yameen, battu à la présidentielle de septembre dont il demande l'invalidation, a blâmé une "encre disparaissante" sur les bulletins à son nom pour sa défaite surprise.

Ces affirmations ont été formulées ce week-end par les avocats du président maldivien lors d'une audience à la Cour suprême de cet archipel de l'océan Indien. La haute instance judiciaire a débuté dimanche son examen de la requête d'annulation du scrutin du 23 septembre, qui doit reprendre lundi dans la matinée.

Connu pour ses passages en force et sa répression féroce de toute dissidence, Abdulla Yameen avait reconnu dans un premier temps avec réticence la large victoire de l'opposant Ibrahim Mohamed Solih avec 58,4% des suffrages.

Mais prétextant avoir reçu depuis des témoignages faisant état de fraude, le chef de l'État de 59 ans a engagé la semaine dernière une procédure judiciaire pour annuler le vote.

L'avocat le représentant devant la Cour suprême, Mohamed Saleem, a accusé l'imprimeur d'avoir appliqué une substance particulière sur les bulletins pour effacer les votes au nom de Yameen.

D'après M. Saleem, un "stylo spécial avec de l'encre disparaissante" avait été donné à des personnes qui allaient voter pour le président sortant, a rapporté un journaliste qui a assisté à l'audience.

La commission électorale a démenti en bloc les accusations de malversations.

Ce recours en justice suscite l'inquiétude de la communauté internationale, au premier plan les États-Unis, l'Union européenne et l'Inde voisine. Washington a menacé samedi de sanctions le président sortant, proche de Pékin, s'il remettait en cause le résultat des urnes.

À la tête de cette micro-nation réputée pour ses plages de sable blanc et ses hôtels de luxe, Abdulla Yameen a gouverné d'une poigne de fer durant cinq ans, en incarcérant ou forçant à l'exil ses opposants, muselant société civile et médias.

Une annulation du vote constituerait un nouveau coup de théâtre, dans ce pays qui en est coutumier, et risquerait de replonger cet archipel de 1.200 îles dans le trouble.

Abdulla Yameen doit officiellement céder le pouvoir au président-élu Ibrahim Mohamed Solih le 17 novembre prochain.


©AFP

Priscilla Wolmer
Directrice de la rédaction