Sidi Bouzid, cette petite ville du centre de la Tunisie n'a pas oublié Mohamed Bouazizi, son portrait géant trône depuis sur le musée de la révolution construit il y a cinq ans.

Tunisie

Tunisie : Mohamed Bouazizi, l'icône de la révolution

Sidi Bouzid, cette petite ville du centre de la Tunisie n'a pas oublié Mohamed Bouazizi, son portrait géant trône depuis sur le musée de la révolution construit il y a cinq ans.

Ici, on se souvient encore du combat contre la précarité et les violences policières qu'a mené ce jeune commerçant de 26 ans en s'aspergeant d'essence et de feu un matin du 17 décembre 2010. Ici, tout est fait pour garder à l'esprit le combat. Un acte qui allait par la suite provoquer la chute du pouvoir du président Ben Ali. Près de 10 ans après Mohamed Bouazizi reste l'icône de la révolution arabe en Tunisie, et à Sidi Bouzid, son combat pour le respect des droits humains et une meilleure répartition des richesses résonne encore dans les mémoires. Il représente le symbole d'une jeunesse tunisienne qui doit se battre pour répondre aux besoins de sa famille. Cependant, le combat de Mohamed Bouazizi n'a pas résolu les problèmes économiques de la Tunisie.

''Il y a beaucoup de vols dans le pays. Les gens au pouvoir continuent de voler. Lorsque nous entendons parler d'une aide venant de l'étranger, nous ne la recevons jamais et nous n'en entendons parler qu'à la télévision. Ils disent que nous sommes endettés, mais nous n'avons vu aucun projet se réaliser dans ce pays'' dénonce une habitante.

"La liberté existe et nous la respirons quand nous sommes dehors. Il y a un changement dans le système, et beaucoup de choses ont aussi changé. Nous sentons que la liberté existe, mais elle ne nous donne rien. Tout le monde pense maintenant à immigrer. Tout le monde veut immigrer illégalement" explique un riverain.

Leila Bouazizi, sœur de Mohamed, depuis le Québec où elle a aménagé avec le reste de sa famille s'offusque de la situation économique dans son pays. Si le combat de son frère a entraîné d'énormes bouleversements au plan politique, il a été incapable d'améliorer le quotidien de nombreux Tunisiens qui vivent toujours dans la pauvreté, .

"La révolution a commencé à cause du chômage et de la pauvreté. C'est le pilier le plus important. Nous voulons que le gouvernement ait un plan, une stratégie pour changer et améliorer le taux de chômage. Nous avons obtenu la liberté d'expression, nous pouvons parler, nous pouvons manifester, nous pouvons dire ce qui est bon et ce qui ne l'est pas, mais cela ne suffit pas" souligne-t-elle.

Si la Tunisie présente un exemple de démocratie depuis la fin de la révolution arabe de 2011, les défis économiques restent majeurs dans le pays, la hausse des prix, la stagnation des revenus et le peu d'opportunités, plusieurs Tunisiens préfèrent prendre la méditerranée pour espérer un avenir meilleur en Europe.

Rédaction
Journaliste