À l'occasion de la visite officielle en France du chef de l'État ghanéen, Nana Akufo-Addo, le président Emmanuel Macron ouvre le débat avec la diaspora africaine en France. Quelque 400 personnalités comme l'ex-footballeur Lilian Thuram, le rappeur Abd al Malik, l'animatrice Hapsatou Sy ou le créateur de mode Youssouf Fofana sont invitées à l’Élysée ce jeudi pour deux heures d’échange et de débat.

"Si l' Afrique échoue, l' Europe ne peut pas réussir" Président Macron

Rencontre à l'Elysée entre le président Macron, le président Nana Akufo-Addo et la diaspora africaine

À l'occasion de la visite officielle en France du chef de l'État ghanéen, Nana Akufo-Addo, le président Emmanuel Macron ouvre le débat avec la diaspora africaine en France. Quelque 400 personnalités comme l'ex-footballeur Lilian Thuram, le rappeur Abd al Malik, l'animatrice Hapsatou Sy ou le créateur de mode Youssouf Fofana sont invitées à l’Élysée ce jeudi pour deux heures d’échange et de débat.

Nous devons bâtir en Afrique avec la jeunesse africaine

Le ton est ainsi donné par le président Macron pour l'ouverture de ce grand débat avec les diasporas africaines ! "L'investissement solidaire en Afrique que la France met en place avec l'AFD est un partenariat équilibré. La reconquête de l'Afrique pour la France passe par la reconquête des coeurs". Voilà les mots forts du président Emmanuel Macron pour inviter à un réveil pour renouer avec l'Afrique.

Le Ghana a déclaré l’année 2019 : "Year of Return", en commémoration des Africaines et des Africains brutalement dispersés à travers les Amériques par le cruel commerce d'esclaves. 2019 est une date symbolique car elle marque les 400 ans de l’arrivée à Jamestown, (Virginie), en 1619, des premiers esclaves sur le sol de ce qui deviendra les États-Unis.

L'année du retour. L'arrivée des premiers africains en Virginie, le début des premiers esclaves. Au Ghana, nous avons trouvé un moyen de commémorer la mort de ces esclaves partis depuis nos côtes. Plus jamais une telle tragédie depuis l'Afrique

"L'année du retour. L'arrivée des premiers africains en Virginie, le début des premiers esclaves. Au Ghana, nous avons trouvé un moyen de commémorer la mort de ces esclaves partis depuis nos côtes. Plus jamais une telle tragédie depuis l'Afrique" rappelle le chef de l'État ghanéen, Nana Akufo-Addo.

"La relation avec la diaspora nous est précieuse. Qui sommes-nous, où sommes-nous dans le monde ? Quelle est notre place ? Il faut qu'il y ait une résonnance de cette histoire et que le lien perdure entre vous et nous en Afrique".

"Il est clair que les possibilités sur notre continent sont telles que de nombreuses personnes sont attirées par l'Afrique. Toutes les ressources, les minéraux dans le monde sont sur le continent africian. Nous avons des ressources, une combinaison de ressources qui présente un intérêt pour tous."

"Nous créons les conditions pour nous permettre de garder sur notre continent nos ressources. Nous ne resterons plus tout en bas de la chaine de valeur. Avec la Côte d'Ivoire, nous représentons 65% de la production de cacao dans le monde. Les agriculteurs qui produisent la matière première, les fèves de cacao possèdent de si faibles revenus. Nous devons transformer le cacao en chocolat depuis le Ghana. Cela pour améliorer le revenu des agriculteurs du Ghana. Notre devoir est de veiller à protéger nos ressources et notre avenir au Ghana."

Des questions fusent dans la salle...

Une première en lien avec les commémorations prévues qui ne sont pas considérées par certains comme suffisamment à la hauteur de l’enjeu mémoriel de ces combats qui ont contribué à faire de la France une nation diverse.

"Que comptez-vous faire pour le débarquement de Provence ?" Réponse du président Macron : "les commémorations seront célébrées en août car cela fait parti de notre mémoire, de notre histoire !"

Pour rappel, le 15 août 1944, près de 95 000 soldats et 11 000 véhicules ont été débarqués en Provence. Les jours suivants, 350 000 combattants ont participé à ce débarquement.

Une autre question adressée au président Nana Akufo-Addo sur la création de la monnaie unique qui s'appelera certainement Eco dès 2020 et sa réponse : "Nous sommes un pays de 30 millions d'habitants au centre d'une région de 350 millions d'habitants. Pour organiser des échanges économiques et commerciaux, il faudrait une monnaie unique ! Il y a des mesures qui doivent être prises, notamment un nom pour cette nouvelle monnaie unique. Oui, le Ghana pense qu'il est essentiel d'avoir cette monnaie unique et une intégration progressive dans cette union. La déclaration du président Macron en 2017 a été cruciale. La France a affirmé qu'elle laissait la décision de choisir à la zone CFA. Les quatre responsables du dossier, le Ghana, le Nigeria, la Côte d'Ivoire et le Niger sont responsables de ce dossier. Je suis optimiste."

Pour conclure, le message du président Ghanéen à ses frères de la diaspora africaine était assez clair :

Le destin de toutes personnes noires où qu'elles se trouvent dans le monde est lié à l'Afrique, lorsque le statut de l'Afrique aura changé, le destin des africains changera aussi

Sur cette même lignée positive, le président Macron déclare que :

La réussite du continent africain sera aussi la vôtre. La capacité de la France passe par vous, votre implication, votre capacité à le faire. L'Afrique fait partie de l'Histoire de la France et du présent

 

 

 

 

 

Priscilla Wolmer
Directrice de la rédaction