Tunisie : Le parti islamiste obtient seulement quatre portefeuilles et perd la bataille du ministère de l’intérieur

Nicolas Feuillate né en terre d'enchantement
Nicolas Feuillate né en terre d'enchantement
Nicolas Feuillate né en terre d'enchantement

 

Tunisie : Ennahdha fragilisé

Tunisie : Le parti islamiste obtient seulement quatre portefeuilles et perd la bataille du ministère de l’intérieur

Le chef de l’Etat affirme que  Nidaa Tounes a fait "une fausse évaluation" au sujet d’Ennahdha qui n’appartient pas au "club des partis civils". Le parti islamiste votera pourtant la confiance au nouveau gouvernement Youssef Chahed.

Si ce n’est pas un affront, ça y ressemble beaucoup ! Le mouvement islamiste Ennahdha, majoritaire à l’Assemblée des Représentants du Peuple (ARP), avec 69 députés sur les 217 que compte le Parlement, sort fragilisé du remaniement ministériel, annoncé le 6 septembre 2017.

D’abord, Ennahdha n’obtient que quatre portefeuilles (trois ministères et un secrétariat d’État) avec aucun ministère de souveraineté (justice, intérieur, défenses et Affaires étrangères). Exactement le même nombre de portefeuilles qu’il avait dans le gouvernement Youssef Chahed 1, installé en août 2016.

Des ministres "proches" du Président

Alors que Nidaa Tounes, le parti avec lequel il s’est allié pour diriger le pays au sortir des législatives de 2014 (67 députés), obtient au bas dix portefeuilles. Pour l’essentiel des ministères dont les titulaires sont dits "proches" du président de la République, Béji Caïd Essebsi (à droite sur notre photo avec le chef d’Ennahdha, Rached Ghannouchi), dont le fils, Hafedh Caïd Essebsi, dirige le parti.

Ensuite, Ennahdha a perdu, à l’occasion du remaniement du 6 septembre 2017, la bataille du ministère de l’intérieur. Le parti islamiste était pour le maintien de Hédi Mejdoub. Ce dernier n’avait pas, selon certains, "inquiété" le mouvement tout le long de son passage. Il a été remplacé par Lotfi Brahem que l’on ferme.

Certaine confidences disent  qu’il "s’est toujours élevé contre ce qu’on appelle "police parallèle" et les intrusions dans les corps du ministère de l’Intérieur".

Reste ce qui semble le plus être de nature à inquiéter Ennahdha –et à l’humilier même- ce sont les propos du chef de l’Etat, prononcés le jour même de l’annonce du remaniement tunisien sur ce mouvement.

Ennahdha, un mouvement religieux !

Dans une interview au quotidien arabophone "Essahafa", le président Béji Caïd Essebsi, a soutenu que  Nidaa Tounes a fait "une fausse évaluation" au sujet d’Ennahdha qui n’appartient pas au "club des partis civils". Comprenez qu’il est un mouvement religieux.

Et en réponse à une question relative à la possibilité de rompre cette alliance, le président  Caïd Essebsi a répondu qu’il ne le souhaite pas, laissant ainsi entendre que cette perspective n’est pas totalement écartée.

Ennahdha n’a pas réagi à ces propos et a souligné qu’il votera la confiance au gouvernement Youssef Chahed. Bien plus un de ses ministres, Imed Hammami (Industrie et PME), a indiqué, à la télévision,  avoir "confiance en la personne de Béji Caïd Essebsi, ainsi qu’en ses qualités d’Homme d’État et de consensus".

Mohamed Gontara
Journaliste - Correspondant en Tunisie