Les deux mandats d’arrêt émis par la Cour pénale internationale (CPI) en 2009 et 2010 à l'encontre d'Omar el-Béchir sont toujours actifs. L…

Soudan

Soudan : Omar el-Béchir et la CPI

Les deux mandats d’arrêt émis par la Cour pénale internationale (CPI) en 2009 et 2010 à l'encontre d'Omar el-Béchir sont toujours actifs. L’ex-président soudanais reste poursuivi pour génocide, crimes contre l’humanité et crimes de guerre commis au Darfour lors de la guerre opposant le régime à une rébellion.

La CPI regarde pour l’instant avec prudence les événements en cours au Soudan, où le ministère de la Défense a annoncé ce jeudi 11 avril la destitution d'Omar el-Béchir. Et pour cause : depuis dix ans, personne n’a coopéré dans l’arrestation du président soudanais, ni les 123 États membres de la Cour, ni le Conseil de sécurité de l’ONU. C’est pourtant lui qui, en 2006, l’avait saisi des crimes commis au Darfour.

Cette destitution change la donne. L’embarras diplomatique à l’idée d’arrêter un chef d’État en exercice appartient désormais au passé. pour autant, les hommes qui ont pris posséssion du pouvoir ne livreront certainement pas el-Béchir à la CPI. Ils peuvent considérer que le pricnipe de subsidiarité n'a pas sa place ici et que leur justice ets suffisamment fiable pour juger  Omar el-Béchir devant leur tribunaux. C'est d'ailleurs l’une des possibilités légale admise pour la CPI.

L'enquête Darfour toujours ouverte

Mais il ne faut pas oublier qu’à la CPI, l’enquête sur les crimes commis au Darfour reste ouverte. L’ex-président est suspecté d’avoir mis en place une politique d’État ciblant des civils des ethnies Four, Massalit et Zaghawa. Même si au cours des dernières années, l'enquête de la procureure a surtout visé à consolider ses accusations contre Omar el-Béchir et quatre autres responsables de son régime, eux aussi poursuivis – dont Ahmed Harun, l'actuel chef du Parti du Congrès national (PCN) –, Fatou Bensouda a la possibilité d’émettre de nouveaux mandats d’arrêt.

Dans un communiqué, Human Rights Watch a demandé aux nouvelles autorités de livrer "immédiatement" Omar el-Béchir à La Haye. "Les victimes des plus graves crimes du Darfour ne devraient pas attendre plus longtemps pour obtenir justice", a souligné l'organisation de défense des droits de l'homme.