Quelque 7,5 millions d’électeurs nigériens ont voté dimanche 21 février pour le second tour de la présidentielle entre le candidat du…

Niger

Présidentielle au Niger : Mohamed Bazoum déclaré vainqueur avec 55,75% des voix selon les chiffres provisoires de la Ceni

Quelque 7,5 millions d’électeurs nigériens ont voté dimanche 21 février pour le second tour de la présidentielle entre le candidat du PNDS au pouvoir, Mohamed Bazoum (arrivé en tête du premier tour avec 39% des voix), et celui du RDR Tchanji Mahamane Ousmane (arrivé en seconde position avec près de 17%).

L’ancien ministre nigérien de l’Intérieur et candidat du parti au pouvoir Mohamed Bazoum a remporté le second tour de l’élection présidentielle avec 55,75 % des voix, a annoncé mardi la Commission électorale nationale indépendante. Il a ainsi battu l’ex-président Mahamane Ousmane et doit succéder à l’actuel chef de l’État, Mahamadou Issoufou.

Mohamed Bazoum, ancien ministre de l’Intérieur et candidat du parti au pouvoir, a gagné le second tour de l’élection présidentielle nigérienne avec 55,75 % des voix, devant l’ancien président Mahamane Ousmane (44,25 %), selon les résultats officiels publiés mardi 23 février par la Commission électorale nationale indépendante (Céni). Il succédera ainsi à la tête de l'État à Mahamadou Issoufou, qui ne pouvait pas se représenter.

Ces "résultats sont provisoires et doivent être soumis à l'analyse de la Cour constitutionnelle", a déclaré Issaka Souna, président de la Céni, devant le corps diplomatique et les autorités nigériennes rassemblés au Palais des congrès de Niamey.

Selon de nombreux observateurs, la vraie réussite du scrutin dans ce pays sahélo-saharien, à l'histoire marquée par les putschs et déjà confronté à de multiples défis – dont celui des attaques jihadistes –, réside dans l'acceptation des résultats par toutes les parties une fois les résultats annoncés.

Quelques heures avant l’annonce des résultats, l'opposition avait pourtant dénoncé mardi "un hold-up" électoral lors du second tour de la présidentielle au Niger, exigeant "la suspension immédiate de la publication des résultats".

"Je demande à tous les Nigériens (...) de se mobiliser comme un seul homme pour faire échec à ce hold-up électoral", a déclaré à la presse Falké Bacharou, directeur de campagne du candidat d'opposition Mahamane Ousmane qui était opposé à Mohamed Bazoum, candidat du pouvoir.

Il a estimé que "les résultats en cours de publication ne sont pas dans beaucoup de cas conformes à l'expression de la volonté du peuple". Le président sortant Mahamadou "Issoufou et son camp persistent à défier le peuple souverain du Niger", a-t-il accusé.

Il s'exprimait à Niamey dans une ambiance surchauffée du siège d'un parti allié où des jeunes militants craient "Tchanji!", le "changement" en langue haousa.

Après cette déclaration, des dizaines de jeunes armés de bouts de bois ont brûlé des pneus et crié vouloir prendre la route de la Commission électorale nationale indépendante (Céni) où les résultats provisoires définitifs doivent être annoncés dans la soirée, a constaté l'AFP.

En dépit de l'insécurité provoquée par les jihadistes dans leur pays, les électeurs du Niger ont voté dimanche 21 février pour le second tour qui opposait le favori Mohamed Bazoum, fidèle du sortant Mahamadou Issoufou, et l'opposant Mahamane Ousmane.

Bazoum avait récolté 39,3% des suffrages au premier tour du 27 décembre 2020, Ousmane presque 17%.

L'opposition à la Céni

Entre les deux tours, l'opposition avait déclaré qu'elle ne reconnaîtrait pas les résultats si elle les estimait entachés de fraudes.

Elle avait déjà dénoncé de présumées fraudes lors du premier tour, mais avait été déboutée par la justice.

Si elle boycottait sa participation à la Céni au premier tour, elle l'avait finalement rejointe pour le second. "Tout est en place pour que le scrutin soit transparent", avait indiqué une source proche du parti au pouvoir.

Le second tour a été endeuillé par la mort d'au moins huit agents électoraux: le véhicule de sept d'entre eux a sauté sur une mine dans la région de Tillabéri (ouest, frontalière du Mali et du Burkina Faso dans la zone dite des "trois frontières"), un autre a été tué dans la région de Diffa (sud-est frontalier du Nigeria).

La zone des "trois frontières" est la cible des attaques de groupes jihadistes affiliés à l'organisation État islamique, l'est étant lui frappé par des attaques des jihadistes nigérians de Boko Haram.

Le président Mahamadou Issoufou, 68 ans, ne se représentait pas à l'issue de ses deux mandats constitutionnels, contrairement à de nombreux chefs d'Etat africains qui s'accrochent au pouvoir.

Et cela doit donc être la première fois que deux présidents élus se succèdent dans ce pays à l'histoire jalonnée de coups d'État depuis son indépendance de la France en 1960.

Rédaction
Journaliste