Le texte entend inciter les prétendants à la magistrature suprême à respecter les principes fondateurs d'une élection démocratique et éviter une crise post-électorale à l'issue du scrutin du 7 novembre.

Madagascar

Présidentielle à Madagascar : la charte de bonne conduite n’a que 6 signataires

Le texte entend inciter les prétendants à la magistrature suprême à respecter les principes fondateurs d'une élection démocratique et éviter une crise post-électorale à l'issue du scrutin du 7 novembre.

Six signatures, cinq refus, dix promesses d'engagement et quinze candidats qui s'interrogent encore ou qui n'ont pas révélé leur position. Au 3 octobre, la charte de bonne conduite suscite de nombreuses réticences.

Fanirisoa Ernaivo candidate à l'élection présidentielle et ancienne présidente du syndicat des magistrats de Madagascar fait partie de ceux qui ont refusé de s'engager. Pour elle, ce document élaboré par douze organisations de la société civile et institutions dont la Céni, le Conseil de réconciliation nationale ou encore Transparency International est "une mascarade".

Elle s’indigne que la charte "demande de refuser toute manipulation de la liste électorale alors que nous savons qu'il y a des trucages dans cette liste. Nous n'allons pas signer une charte et cautionner les erreurs de la CENI."

Une charte non contraignante

Pour les candidats qui ont refusé de le signer, les trente dispositions du texte devraient être inscrites dans une loi et non dans une charte. Une faiblesse qui est plus dénoncée que le contenu du document.

C'est ce qu'explique Arlette Ramaroson, autre candidate non-signataire. "Nous savons très bien qu'il y a des candidats corrompus. Nous n'allons pas adhérer à cette charte alors que d'autres l'ont déjà bafoué et que l'on sait qu'ils ne seront pas sanctionnés", proteste-t-elle.

Les candidats indécis ont encore quatre jours pour signer, soit jusqu'à la veille du début de la campagne électorale. L'ancien président Didier Ratsiraka a déjà annoncé qu'il refusait de s'engager dans cette charte. Les trois autres anciens présidents Rajaonarimampianina, Rajoelina et Ravalomanana ne l'ont pas encore signée.

Les initiateurs de ce pacte refusent de parler d'échec, car la liste des candidats signataires et non signataires a été rendue publique. Les électeurs pourront donc voter en connaissance de cause.

Rédaction
Journaliste