C’est un dîner qui enflamme la toile. Comme l’a révélé le site d’information Streetpress, deux députés français de la majorité ont dîné le 10 octobre dernier à l’ambassade du Soudan à Paris avec le nouveau patron du service national de renseignement et de sécurité soudanais (NISS), Monsieur Salah Gosh. Un service qu’il avait déjà dirigé durant une décennie jusqu’en 2009. Ce dîner symbolise ô combien les liens se sont renforcés entre Paris et Khartoum et cela depuis déjà plusieurs mois. Faut-il donc s'étonner de l'hypocrisie générale quand à sa venue qui n'était pas une surprise ? 

Paris-Khartoum, une coopération mutuelle qui date des années 1980

Soudan : Salah Gosh, le patron du NISS en visite à Paris

C’est un dîner qui enflamme la toile. Comme l’a révélé le site d’information Streetpress, deux députés français de la majorité ont dîné le 10 octobre dernier à l’ambassade du Soudan à Paris avec le nouveau patron du service national de renseignement et de sécurité soudanais (NISS), Monsieur Salah Gosh. Un service qu’il avait déjà dirigé durant une décennie jusqu’en 2009. Ce dîner symbolise ô combien les liens se sont renforcés entre Paris et Khartoum et cela depuis déjà plusieurs mois. Faut-il donc s'étonner de l'hypocrisie générale quand à sa venue qui n'était pas du tout une surprise ? 

Depuis quatre jours, les deux députés de la majorité tentent de se justifier. Non, ils ne savaient pas que Salah Gosh participait à ce dîner. D’ailleurs, ils ne connaissaient pas cet homme ni son parcours. Pourtant, sur son retour de New-York où il participait à l'assemblée générale des Nations Unies, il était bien prévu qu'il fasse un stop par Paris. 

La députée Carole Bureau-Bonnard est l’une des vice-présidentes de l’Assemblée qui a participé à cette rencontre. "Si j’avais su que c’était ce personnage, je n’y serais pas allée, bien entendu", explique-t-elle. Et pour cause, certaines ONG accusent l'homme d'être le responsable de crimes commis au Darfour. 

Outre son dîner avec les deux députés, Salah Gosh a participé à des réunions avec des membres des services intérieurs et extérieurs français, des discussions avec la DGSE et la DGSI. Au menu des discussions : des questions politiques et notamment les questions qui concernent la situation régionale, les relations entre le Soudan et la Centrafrique et beaucoup d’autres problématiques comme la Libye et enfin la politique intérieure soudanaise.

Les services français et soudanais collaborent depuis la fin des années 1980. Depuis la récente levée de l'embargo et l'importante vague de migrants soudanais qui affecte l'Europe, la France a jugé bon de renforcer les liens avec Khartoum et plus particulièrement le NISS. 

Faut-il rappeler le bilan des arrestations et attentats évités au Soudan et dans les pays voisins grâce au NISS ? Les ONG accusent injustement le Soudan de soutenir le terrorisme mais la réalité est tout autre ! Depuis des années surtout depuis le 11 septembre, le Soudan coopère, preuves à l’appui, avec la CIA, la DGSE et bien d'autres services de renseignements. Nous sommes les meilleurs alliés de ceux qui nous démolissent.

"Faut-il rappeler le bilan des arrestations et attentats évités au Soudan et dans les pays voisins grâce au NISS ? Les ONG accusent injustement le Soudan de soutenir le terrorisme mais la réalité est tout autre ! Depuis des années surtout depuis le 11 septembre, le Soudan coopère, preuves à l’appui, avec la CIA, la DGSE et bien d'autres services de renseignements. Nous sommes les meilleurs alliés de ceux qui nous démolissent." dixit un membre du NISS lors d'une interview accordée à 54 ETATS.

En fouillant dans les archives, il est aisé de trouver le cas du terroriste international vénézuélien Llich Ramírez Sánchez, dit "Carlos" qui en 1974, à Paris, fît exploser une voiture devant les locaux de plusieurs journaux français.

Le 15 septembre, le terroriste commet un attentat contre le drugstore de Saint-Germain occasionnant deux morts et trente-quatre blessés.

Fin juin 1975, la DST parvient à le localiser ; deux policiers sont tués par balles au moment de l’arrêter ; un troisième policier du contre-espionnage est gravement blessé. Carlos parvient à s’enfuir en Syrie. En 1991, Carlos, jugé indésirable en Syrie se rend en Jordanie puis au Soudan.

Carlos est extradé du Soudan vers la France en août 1994. Cette opération d’exfiltration fut clairement entreprise par les services français en coordination avec les autorités soudanaises. Cela a eut lieu sous la gestion de ce même Salah Gosh que les ONG jugent persona non grata

Autre type de coopération. Le Soudan a signé plus de treize accords de coopération avec l’ONU pour enrayer le terrorisme. Citons aussi la Faisal Islamic Bank du Soudan, en 2014, en accord avec le Sudanese National Council a voté la loi Anti-Money Laundering (ALM) relative à la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement contre le terrorisme.

Une chose est sûre, le Soudan a besoin d’investissements  pour se développer, surtout depuis que 80% de ses ressources pétrolières appartiennent au Soudan du Sud. La diplomatie soudanaise active son réseau dans ce sens. Tout cela est-il blâmable ?

 

Priscilla Wolmer
Directrice de la rédaction