Kadio Niang a passé son adolescence à étudier sous les lampadaires de la commune de Tekane au sud-ouest de la Mauritanie et à l'Est de Rosso. A la fin de l'adolescence, elle se libère du poids de l'ombre et du danger des "lampes tempêtes" pour aller étudier à Nouakchott. Plus motivée que jamais pour en finir avec la lampe à pétrole, les bougies et toutes autres formes qui permettent de pallier au manque d'électrification des foyers, Kadio Niang étudie fort. A peine son diplôme d'ingénieure en éco-énergie de l'ENSIATE en poche, elle retourne parmi les siens et crée Solar-Eco convaincue que l'avenir de l'electrification au Sahel appartient au solaire et aux batteries. Mise en lumière. 

L'ingénieure qui bouscule l'univers de l'éco-énergie en Mauritanie

Mauritanie : rencontre avec Kadio Niang, fondatrice de SOLAR-ECOBAT

Kadio Niang a passé son adolescence à étudier sous les lampadaires de la commune de Tekane au sud-ouest de la Mauritanie et à l'Est de Rosso. A la fin de l'adolescence, elle se libère du poids de l'ombre et du danger des "lampes tempêtes" pour aller étudier à Nouakchott. Plus motivée que jamais pour en finir avec la lampe à pétrole, les bougies ou tout autre dispositif désuet qui permet de pallier le manque d'électrification des foyers, Kadio Niang étudie énormément. En juin 2017, à peine son diplôme d'ingénieure en génie éco-énergie de l'ENSIATE (Paris) obtenu, elle retourne parmi les siens et crée Solar-Ecobat convaincue que l'avenir de l'électrification au Sahel appartient au solaire. Mise en lumière. 

Kadio Niang

Trop de gaz carbonique toxique ingéré à cause des lampes à pétrole, trop de maisons brûlées à cause des bougies, trop d'accouchements difficiles à cause du manque de lumière

"Trop de gaz carbonique toxique ingéré à cause des lampes à pétrole, trop de maisons brûlées à cause des bougies, trop d'accouchements difficiles à cause du manque de lumière" rappelle Kadio Niang dont le père était le seul infirmier du village. Le taux de connexion à l’électricité n’atteint pas les 30% dans les pays du Sahel (Mauritanie, Burkina Faso, Niger, Mali et Tchad) et seulement 13% en Mauritanie. Un taux largement inférieur à celui du reste de l’Afrique. Et encore ce chiffre ne traduit pas les différences entre les zones urbaines et rurales où l’absence d’électricité touche plus de 70% de la population. 

Brillante, Kadio Niang est l'une des rares femmes à opérer dans son domaine d'activité. Pour l'anecdote, elle raconte qu'au début de ses études en DUT Génie industriel et maintenance (GIM), il n'y avait que trois étudiantes dans sa classe. Idem lors de sa licence professionnelle maintenance et technologie : systèmes pluritechniques, elle était la seule femme de l'amphithéatre. La scénographie se répète lors du Master I en maintenance en qualité et environnement, elles n'étaient que 6 femmes sur les 32 de la promotion et à l'Ensiate, une fois encore, les femmes n'étaient pas légion ! Et aujourd'hui, l'ingénieure Kadio n'oublie pas les femmes puisqu'elle les forme à l'installation solaire, au câblage des systèmes électriques de 12V, 24V.

Foramtion des femmes

 

Pour autant, Kadio Niang a toujours noté beaucoup de bienveillance et son caractère fort ne permet guère d'autres attitudes. Kadio Niang fonde et dirige aujourd'hui SOLAR-ECOBAT, une start-up qui fabrique des lampes solaires et propose des kits solaires autonomes pour l'électrification des pompes à eaux. Les matériaux utilisés sont locaux ou issus de recyclage : pot de verre, ancienne lampe à pétrole transformée en lampe solaire, etc. . SOLAR-ECOBAT fabrique également des briques en terre comprimée (BTC), pour promouvoir l’éco-construction ; un procédé à moindre coût, aussi bien en milieu rural qu’en milieu urbain.

Par ailleurs, la talentueuse Kadio Niang est lauréate du Prix de l’entrepreneuriat féminin initié en 2017 par Hadina RIMTIC, en partenariat avec la Banque Mondiale. Et elle s'inscrit très régulièrement à des concours réservés aux entrepreneurs qui opèrent en Afrique et qui récompensent les patrons de start-up qui se sont distingués au cours de l’année écoulée par leur impact sur la société et sur l‘économie africaine. C'est ainsi que nous pourrons retrouver SOLAR-ECOBAT parmi les PME africaines sélectionnées pour participer à la prochaine édition de la fondation EDF Pulse Africa.

EDF Pulse Africa 2019

EDFP AFRICA PULSE

Pour sa troisième édition, EDF Pulse Africa évolue et se donne les moyens de ses ambitions. Afin de mobiliser l’écosystème de l’innovation dans sa globalité et offrir des opportunités à un large panel d’entrepreneurs, EDF a décidé d’ouvrir le challenge aux PME africaines. Mais l’évolution majeure réside dans l’inauguration d’EDF Pulse Africa Tour : cette année, sept pays accueilleront pas moins de soixante start-up pour les amener à défendre ardemment leur projet. En plus de gagner en visibilité locale, les heureux sélectionnés bénéficieront d’un programme complet d’accompagnement à Paris qui leur permettra de faire mûrir leur projet, et peut-être, de remporter le premier prix. Réponse le 21 novembre prochain pour la finale et remise des prix à Paris.

Kadio Niang sera paneliste du 26 au 29 novembre à Accra au Ghana pour partager ses expériences réussies en entrepreneuriat dans les domaines de l'EFTP et dans les STIM. Par ailleurs, elle sera finaliste du Mauritania Innovation Challenge, initié par le Kosmos Innovation Center (KIC). Cette ingénieure mauritanienne est sans conteste un profil à suivre !

 

Priscilla Wolmer
Directrice de la rédaction