Laurent Gbagbo a quitté les Pays-Bas en début de soirée, mardi. Acquitté de crimes contre l’humanité le 15 janvier, l’ex-président ivoirien avait été libéré le 1er février. Le procureur devrait faire appel de son acquittement.

Une libération arrêtée aux six conditions imposées par la CPI

La CPI remet Laurent Gbagbo aux autorités belges

Laurent Gbagbo a quitté les Pays-Bas en début de soirée, mardi. Acquitté de crimes contre l’humanité le 15 janvier, l’ex-président ivoirien avait été libéré le 1er février. La procureure Fatou Bensouda devrait faire appel de son acquittement. 

C’est à 20h30 que Laurent Gbagbo a quitté son hôtel, escorté par des officiers de sécurité de la CPI avant d’être remis aux autorités belges peu avant 22h.

Acquitté depuis le 15 janvier, Laurent Gbagbo avait quitté la prison de la Cour pénale internationale (CPI) vendredi soir, avant d’être conduit dans un hôtel sur la route de Delft, en direction de Rotterdam.

L’ancien président ivoirien est resté là pendant quatre jours, le temps pour la Cour de conduire les dernières négociations avec les autorités belges sur sa nouvelle résidence. Il fallait préparer ses documents de voyage, obtenir la signature des autorités et régler les questions relatives aux conditions imposées par la CPI, expliquait-on à La Haye. Sa libération reste arrêtée aux six conditions imposées par la CPI, informent-ils à La Haye. 

  • Laurent Gbagbo et Charles Blé Goude doivent signer un engagement qui précise qu'ils se présenteront à la CPI lorsque celle-ci en fera la demande
  • Fournir à la CPI leurs adresses respectives de résidence et ne pas déménager sans en informer la Cour.
  • Ne pas sortir des limites territoriales de leur commune d'accueil sans autorisation de la Cour
  • Remettre leurs documents d'identité à la Cour et faire un rapport chaque semaine à la Cour ou au pays d'accueil.
  • Ne pas contacter les témoins de l'accusation et ne pas se prononcer publiquement sur l'affaire en cours.
  • Les juges de la chambre d'appel invitent les juges de la chambre de première instance à accélérer la motivation de leur décision. 

Sa libération reste limitée aux conditions imposées par la chambre d’appel. Laurent Gbagbo ne sera pas autorisé à quitter sa municipalité de résidence – probablement Bruxelles où se trouve sa troisième épouse et l’un de ses fils – sans obtenir l’autorisation préalable de la CPI et des autorités belges. Il devra pointer chaque semaine et ne sera pas autorisé à s’exprimer publiquement sur son affaire.

La procureure a indiqué qu’elle pourrait faire appel de son acquittement, une fois qu’aura été remis le jugement d’acquittement par écrit. Mais sa rédaction pourrait prendre plusieurs mois. Une liberté absolument conditionnelle finalement !

Priscilla Wolmer
Directrice de la rédaction