L’UNFT retrouve toute sa place

Les militantes respirent

L’UNFT retrouve toute sa place

Après des années difficiles (2011-2017), l’UNFT de nouveau de plain-pied dans le paysage politique tunisien. Et sa présidente dit avoir "tourné la page du passé".

"Nous avons pris toutes les mesures nécessaires permettant à l’UNFT (Union Nationale de la Femme Tunisienne) d’œuvrer, désormais, en bonne et due forme en tant qu’organisation nationale." Cette phrase prononcée, par Iyed Dahmani, porte-parole du gouvernement, samedi 28 octobre 2017, à l’ouverture du 14ème congrès de l’UNFT, au nom de Youssef Chahed, chef du gouvernement, a eu le meilleur effet sur les militantes de cette organisation nationale tunisienne réunies à Hammamet les 28 et 29 octobre 2017.

Et notamment sur la président de cette organisation (depuis 2012), Radhia Jerbi, avocate de profession, qui a on ne peut plus souffert depuis l’éclatement de la révolution et notamment depuis que l’UNFT a été privée de recevoir des subventions de l’État.

Née en 1956, année de l’indépendance de la Tunisie, l’UNFT  a toujours eu un statut privilégié aussi bien sous la présidence d’Habib Bourguiba (1957-1987) que de Zine El abidine Ben Ali (1987-2011), les deux premiers présidents de la République. L’UNFT a été toujours associée aux grandes décisions du pays.

Hommage à Radhia Haddad et à Chedliya Bouzguarrou

Considérée en tant que vecteur important de la politique sous ces deux derniers présidents, l’UNFT était en charge de la promotion des droits de la femme. Et a été créée par des militantes respectées comme Radhia Haddad  et Chedliya Bouzguarrou , auxquelles Youssef Chahed n’a pas manqué de rendre, à l’ouverture du congrès de l’UNFT, hommage.

Couac

Considéré par certains courants dogmatiques, sans doute, comme un symbole de l’ancien régime de Ben Ali et de la défense des droits d’une femme tunisienne, qui n’a obtenu, à leurs yeux, que des privilèges, l’UNFT a souffert, notamment du temps de la "Troïka" (coalition menée par le parti islamiste, Ennahdha, qui a gouverné la Tunisie de décembre 2011 à mars 2013) non seulement de l’instauration d’un décret (le décret 88) qui l’a rayé de la liste des organisations du tissu associatif pouvant obtenir des subventions, mais également de l’attaque de ses locaux et d’une volonté de les approprier.

Elle ira également jusqu’à vendre sa voiture

Un combat que ne cessera de mener sa présidence (élue en 2012) Radhia Jerbi. Allant jusqu’à mener une grève de la faim (en 2014). Elle ira également jusqu’à vendre sa voiture pour pouvoir régler le salaire des employés de l’UNFT.

Maintenant ces "années noires", selon l’expression du quotidien La Presse de Tunisie, semble appartenir au passé. Dans une interview à notre confrère Le Maghreb, publiée le  31 octobre 2017, la présidente de l’UNFT, confirmée par le congrès des 28 et 29 octobre 2017, dit que son organisation a "tourné la page du passé" et que les bras de ses militantes "sont tendus" en direction de tous ceux qui veulent  faire de la société tunisienne une société moderne et progressiste.  

 

Mohamed Gontara
Journaliste - Correspondant en Tunisie