Deux personnes ont été brûlées vives lundi à Lusaka en marge d'émeutes xénophobes visant des commerçants rwandais soupçonnés de crimes…

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Zambie : deux personnes brûlées vives

Deux personnes ont été brûlées vives lundi à Lusaka en marge d'émeutes xénophobes visant des commerçants rwandais soupçonnés de crimes rituels, a rapporté la police zambienne mercredi.

"Le nombre officiel de personnes tuées depuis le début des troubles lundi est de deux morts. Les deux personnes ont été brûlées vives le 18 avril 2016 à Kanyama", un bidonville de Lusaka, a déclaré la porte-parole de la police, Charity Chanda, dans un communiqué. Le ministre de l'Intérieur Davies Mwila a précisé au parlement que les deux victimes étaient des Zambiens, tués "dans la confusion" provoquée par les émeutes xénophobes. Selon des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux, les deux hommes ont été tués avec des pneus enflammés.

Après deux jours de violences, lundi et mardi, qui ont entraîné la destruction de 62 échoppes selon la police, la situation était relativement calme mercredi dans la capitale zambienne, a constaté le correspondant de l'AFP. Les émeutes ont éclaté lundi et se sont propagées le lendemain dans plusieurs quartiers pauvres de Lusaka, après la découverte récente de sept cadavres, amputés de plusieurs organes (oreilles, coeur, pénis, ...). Mardi, des centaines de personnes ont caillassé des maisons et des commerces soupçonnés d'appartenir à des Rwandais.

De nombreux réfugiés rwandais - dont la population est estimée à 6.400 en Zambie par l'ONU - tiennent des épiceries dans des quartiers pauvres de Lusaka et sont accusés par la population d'avoir commis ces crimes rituels dans le but de leur porter chance dans leurs affaires. Effrayés par ces violences xénophobes, des ressortissants rwandais ont trouvé refuge dans des commissariats. Lundi soir, le ministre de l'Intérieur avait dénoncé le comportement "de personnes animées d'intentions criminelles" qui "ont tiré profit de la peine et de la douleur que nous avons tous ressenties après ces crimes rituels supposés". Jusqu'à présent, la police a procédé à onze arrestations liées aux crimes rituels et à 256 interpellations liées aux émeutes.

Des casseurs ont profité de ces violences pour voler de la nourriture ou du matériel électroménager tels que des réfrigérateurs, dans les magasins visés. Ces événements interviennent à quatre mois de l'élection présidentielle qui doit se tenir le 11 août dans ce pays d'Afrique australe en pleine crise économique. Cette vague d'attaques xénophobes rappelle celle qu'a connue l'année dernière l'Afrique du Sud, où sept personnes avaient été tuées dans des violences qui avaient duré plusieurs semaines. Des habitants des quartiers pauvres de Johannesburg et de Durban (est) s'en étaient pris à des immigrés, qu'ils accusaient de prendre leurs emplois.

(avec AFP)

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