Une délégation parlementaire s’est envolée, le 4 août 2017, pour Damas. Elle intervient après une importante visite de membre de l’UGTT,…

Tunisie : énième initiative en vue de rétablir les relations diplomatiques avec la Syrie

Tunisie - Syrie : des relations définitivement rompues ?

Une délégation parlementaire s’est envolée, le 4 août 2017, pour Damas. Elle intervient après une importante visite de membre de l’UGTT, principal syndicat ouvrier tunisien (750 000 adhérents).

Une énième délégation tunisienne réussira-t-elle à rétablir les relations diplomatiques entre la Tunisie et la Syrie rompues en février 2012 ? C’est du moins le sens d’une nouvelle initiative prise par neuf députés de l’Assemblée des Représentants du Peuple (ARP) qui s’est envolée vers Damas pas plus tard que le vendredi 4 août 2017. La dernière initiative parlementaire date de mars 2017.

Les relations ont été rompus par l’ancien président Mohamed Moncef Marzouki du temps où la "Troïka", coalition dirigée par le parti islamiste Ennahdha, avait les commandes du pays.

L’ambassadeur syrien persona non grata

Et ce au lendemain du bombardement de la ville de Homs (ville située à 163 kilomètres au nord de la capitale, Damas) par le régime du président Bachar Al Assad. La Tunisie avait déclaré à cette même occasion l’ambassadeur syrien, du reste absent du pays, persona non grata.

Une initiative que certains estiment dictée par la seule volonté de l’ancien président de la République, jugé proche du Qatar. Le ministre des Affaires étrangère de l’époque, le gendre du Cheikh Rached Ghannouchi, le président d’Ennahdha, Rafik Abdessalem, le reconnaîtra en affirmant qu’il n’en a pas été informé.

Le 31 juillet une importante délégation de l’Union Générale Tunisienne du Travail (UGTT), principal syndicat ouvrier tunisien (750 000 adhérents),  conduite par Bouali Mbarki (à gauche de notre photo avec le président Bachar Al Assad), secrétaire général adjoint, s’était rendue à Damas et avait rencontré le chef de  l’Etat syrien.

Polémique au parlement

Une visite qui ne cachait pas ses objectifs : le rétablissement des relations entre la Tunisie et la Syrie et le renforcement de la coordination entre les deux pays en matière de lutte contre le terrorisme.

Le 19 juillet 2017, une pétition présentée à l’ARP en vue du rétablissement des relations diplomatiques entre la Tunisie et la Syrie avait créé une polémique. Notamment après qu’elle n’ait obtenu que 68 voix (il lui fallait obtenir au moins le tiers des 217 membres du parlement tunisien : 73).

Dans une interview publiée par le quotidien "La presse", le ministre des Affaires étrangères, Khemaïes Jhinaoui,  déclarait, le 30 juillet 2017, que "Les relations entre la Tunisie et la Syrie n’ont jamais été rompus". "L’ancien président, Mohamed Moncef Marzouki, a manqué d’en informer l’Organisation des Nations Unies comme le stipule l’Accord de Vienne", a-t-il précisé.

Les relations entre les deux pays existent au niveau consulaire et non au niveau des ambassades, a ajouté Khemaïes Jhinaoui. Soulignant  qu’ "aucune demande en vue de désigner un ambassadeur tunisien à Damas n'a été exprimée par le gouvernement Syrien".

On estime à 3000 le nombre des Tunisiens établis en Syrie. Sans compter évidement celui des djihadistes qui peuplent les rangs des milices opposées au régime de Bachar Al Assad (2500 à 3000).

Mohamed Gontara
Journaliste - Correspondant en Tunisie