L’Envoyé spécial du Secrétaire général pour la Syrie, Staffan de Mistura, a appelé mercredi, devant le Conseil de sécurité, à mettre d’urgence la diplomatie au service de l’appui à la désescalade, avertissant du risque d’une catastrophe régionale

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Syrie : l’envoyé de l’ONU met en garde contre un risque de catastrophe régionale

L’Envoyé spécial du Secrétaire général pour la Syrie, Staffan de Mistura, a appelé mercredi, devant le Conseil de sécurité, à mettre d’urgence la diplomatie au service de l’appui à la désescalade, avertissant du risque d’une catastrophe régionale.

M. de Mistura a signalé que les confrontations internationales liées à la Syrie étaient de plus en plus intenses et fréquentes, "une situation sans précédent depuis 1973". Il a insisté sur l’importance de la désescalade, appelant notamment les parties prenantes à rétablir des règles du jeu en la matière. Il a aussi dit avoir été encouragé par les discussions concrètes sur la désescalade qui sont déroulées mardi lors de la neuvième réunion de haut niveau d’Astana.

L’Envoyé spécial a appelé à suivre de très près l’évolution de la situation à Idlib, avertissant que si le même scénario s’y déroule que dans la Ghouta, les conséquences seraient six fois plus graves, affectant 2, 3 millions de personnes, la moitié déplacées, qui n’auraient nulle part où aller. En outre, les escalades à Idlib, Daraa et dans les régions du nord-est qui ne sont pas sous le contrôle du gouvernement risquent de menacer la paix et la sécurité internationales en raison de la présence de différentes forces internationales.

Il a également mis en garde contre toute interprétation des processus d’évacuations, qui se font sans la participation de l’ONU, comme l’ouverture vers une solution grâce à l’établissement d’une « carte simplifiée ». L’acheminement des civils et des combattants vers le nord pourrait être une diversion et contribuer à reporter un conflit majeur à plus tard, a averti M. de Mistura.

De retour d’une « tournée de consultations épuisante », l’Envoyé spécial a appelé à relancer le processus de Genève, indiquant qu’en dépit de nettes divergences parmi les principales parties prenantes, des points communs subsistent cependant. Outre la nécessité d’une désescalade, ces points d’entente portent notamment sur la création d’un comité constitutionnel sous les auspices de l’ONU, l’établissement d’un environnement "sûr, calme et neutre", et le respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de la Syrie.

Il a toutefois averti que ces points d’entente risquent de disparaître en raison de l’absence d’un dialogue international  "sérieux", avertissant par ailleurs du risque d’un vide faute de pourparlers inter-syriens.

 

Priscilla Wolmer
Directrice de la rédaction