Les candidats de La République en marche sont arrivés en tête dans dix des onze circonscriptions représentant les Français de l…

Entretien avec Amal Amélia Lakrafi, candidate de la 10e circonscription

"Je veux rendre à la France la chance qu'elle m'a donné"

Les candidats de La République en marche sont arrivés en tête dans dix des onze circonscriptions représentant les Français de l'étranger. Dans la 10e circonscription, c'est Amal Amelia Lakrafi qui arrive en tête, avec 60,08 % des voix. Alain Marsaud, le député sortant Les Républicains, arrive en seconde position avec 18,89% des voix. Entretien à chaud avec cette jeune et pétillante candidate de 39 ans, qui a pour vocation de représenter les Français de l'étranger qui résident au Proche-Orient et en Afrique australe, centrale et de l'Est.  

 

54 ÉTATS : Madame Lakrafi, d'après-vous, l’étranger est-il en marche ?

Amal Amélia Lakrafi : Les premiers chiffres sont très prometteurs et encourageants pour la suite.  

54 ÉTATS : Vous êtes candidate à l’élection législative, vous représentez la 10e circonscription des Français de l’étranger parmi 11 autres candidats. Quel pays du Proche-Orient et de l'Afrique englobe votre circonscription ? 

Amal Amélia Lakrafi : Elle s'étend du Bénin à l'Éthiopie, et de l'Afrique du Sud à la Syrie, soit 49 pays. 

54 ÉTATS : Quel est votre parcours et quelles ont été vos motivations pour entrer en politique ?

Amal Amélia Lakrafi : Je n'ai jamais appartenu à une quelconque organisation politique ni milité dans un cadre politique. Comme je n'ai jamais pris une carte d'adhésion dans un groupe politique ! D'ailleurs, je n'ai jamais envisagé de rentrer en politique auparavant. Certains de mes amis élus locaux gravitent dans ce monde qui m'était totalement étranger et je me contentais d'observer leur courage depuis mon univers, celui de l'entreprenariat. J'ai commencé à véritablement m'intéresser à une carrière politique lorsque Emmanuel Macron est devenu ministre de l'Économie. Bienveillance, équité plus qu'égalité, engagement citoyen, voilà les notions qui me transportent !

"Bienveillance, équité plus qu'égalité, engagement citoyen, voilà les notions qui me transportent !

54 ÉTATS : Pourquoi ?

Amal Amélia Lakrafi : Avec Emmanuel Macron, c'est la première fois que je sentais que je pouvais avoir confiance à une personnalité politique. Son pragmatisme, sa capacité à transcender le clivage historique entre la gauche et la droite, son intelligence et son analyse de la situation, sa volonté de mettre en avant l'entreprenariat français au travers de la French Tech mais aussi à travers la nécessité de réconcilier les français avec l'entreprenariat. Bien qu'ayant appartenu à un gouvernement socialiste, Emmanuel Macron est le seul à avoir accepté les arguments des parlementaires de droite quand ils avançaient des projets de lois. Il disait : il n'y a pas d'idée exclusivement de gauche ou de droite, il y a une bonne ou une mauvaise idée.

54 ÉTATS : En effet, à la présidentielle, sur les 1, 265 million de Français établis à l'étranger, 580.000 ont voté. Emmanuel Macron a atteint 40,4% des suffrages au premier tour, et 89,31% au second tour, soit bien plus qu'en France, où il a recueilli 24,1% puis 66,1%. Pensez-vous que cet "effet Macron" se reproduira-t-il aux législatives ?

Amal Amélia Lakrafi : En tout cas je l'espère ! Je suis Tout à fait d'accord avec vous sur le fait que les français seront cohérents car ils ont élu un président et il est logique de lui donner une majorité pour appliquer son programme. Pour les législatives 2017, je ne souhaite pas seulement une vague Macron, mais carrément un tsunami Macron !

"Pour les législatives 2017, je ne souhaite pas seulement une vague Macron, mais carrément un tsunami Macron !"

54 ÉTATS : Pourquoi avoir choisi la 10e circonscription et pas une autre ?

Amal Amélia Lakrafi : Je suis chef d'entreprise dans le domaine de l'expertise en sécurité informatique et cyber-défense. En dehors  de l'Europe et en plus de la méditerranée, mon centre d'intérêt est clairement en Afrique ! C'est un continent où je passe beaucoup de temps. Je connais bien la réalité des pays africains pour répondre aux problématiques des Français qui y vivent. J'interviens également en temps que bénévole dans le milieu associatif avec l'Institut Doctorium (http://www.doctorium.org), ou encore l'Institut Africain pour le développement et l'innovation (IADI).

54 ÉTATS : Vous m'arrêtez si je me trompe mais je rappelle à nos internautes que vous êtes ancienne élève de l’Institut National des Hautes Études Sécurité et Justice à l’École Militaire et que vous diriger depuis 2010 l’entreprise Bizinnov, éditeur de solutions de sécurisation des données pour les entreprises. Vous avez également fondé en septembre 2015 Azguard, une autre société spécialisée dans la sécurité informatique et l’Intelligence. Et l'on ne peut guère mieux faire puisque vous êtes également commandant de réserve citoyenne cyber-défense (Armée de Terre).

Amal Amélia Lakrafi : Tout a fait. Mais je suis surtout une heureuse et fière maman d'une jeune adolescente de 17 ans que je trouve brillante et pour laquelle je me suis battue aussi. Ma fille a fait le choix de poursuivre dès septembre ses études à l’internat.

54 ÉTATS : Quelles sont vos priorités parmi les problématiques concernant les Français de l’étranger ?

Amal Amélia Lakrafi : La tâche est énorme et tout est prioritaire. Je peux commencer par la scolarisation, la sécurité, la couverture sociale, et la proximité avec les élus. Par exemple, à Madagascar résident plus de 18 000 français qui se plaignent de la problématique sécuritaire. Même si les services consulaires font de grands efforts, il n'existe pas encore un vrai système d'avertissement pour révolutionner la situation actuelle. Il convient toutefois de faire preuve d’une grande prudence en raison du taux de criminalité élevé et du potentiel d’instabilité politique. Les expatriés français notent des enlèvements récurrents et cela est aussi dû à la cherté de la vie. S'ajoute à cela la scolarisation de leurs enfants qui peut varier entre 4 000 et 8 000 euros ; bien que cela reste deux fois moins chers que dans d'autres écoles non françaises.

Je compte travailler sur l'amélioration des critères d'obtention d'un système de bourse pour un large panel d'enfants et je compte optimiser la communication inhérente à l'obtention de ces bourses. 

54 ÉTATS : C'est à dire ? 

Amal Amélia Lakrafi : En résumé de mes premiers déplacements à l'Ile Maurice, à Madagasacar, au Qatar, aux Émirats, au Liban, je constate qu’il y a un gros travail d’amélioration de la diffusion de l’Information à effectuer auprès des Français de l’étranger.

Qu’ils soient retraités, époux ou épouse d'expatriés, anciens combattants, tous sont très enthousiastes à l'idée de participer à un comité citoyen où l'information remonterait jusqu’à leurs élus.

Si je suis élue, j'utiliserais mes compétences en management de l'innovation numérique et évaluation du capital immatériel pour créer une application téléchargeable depuis leur Smartphone afin que les Français de l'étranger rattachés à la 10e circonscription puissent interagir, critiquer, faire évoluer nos relations suivant leurs priorités. Cela permettra en outre de mieux les informer sur des dispositifs qu'ils ne connaissent pas. 

54 ÉTATS : Outre le fait que vous soyez née au Maroc, et binationale, avez-vous des intérêts en Afrique, plus particulièrement au Maghreb et en Afrique de l’Ouest ? 

Amal Amélia Lakrafi : Je suis domiciliée en France mais sur un mois classique je réside plusieurs jours en Afrique de l'Ouest. C'est d'ailleurs pour cela que mon choix s'est porté sur la 10e circonscription afin d'éviter tout conflit d'intérêt avec la 9e circonscription où j'ai des activités économiques dans le cadre du développement de mon entreprise.

Ce que j'ai apprécié avec La République en marche, c’est le renouvellement du logiciel et la rupture avec les anciennes méthodes.  L'objectif est clairement de rompre avec les pratiques des vieux briscards de la politique. Nous ne voulons plus reproduire les anciens schémas. J'ai déjà préparé mes associés à l’idée de mon départ.

Si je suis élue, je quitterai le poste de présidente que j’occupe au sein de mes sociétés et je vendrai mes parts pour me consacrer à 100% à ma circonscription. Je suis une républicaine française engagée. C’est ainsi que je veux rendre à la France la chance qu'elle m'a donné.

 

INFO+ : Pour le premier tour des élections législatives, les Français résidant à l'étranger avaient une semaine d'avance sur les métropolitains et les habitants des DOM-TOM. En effet, les électeurs vivant sur le continent américain étaient appelés aux urnes dès le samedi 3 juin pour le premier tour, ceux des autres régions du monde ont voté le dimanche 4 juin. Cela représente 717 bureaux de vote regroupés en 450 sites, 180 candidats et 1,3 million d'électeurs, qui peuvent voter par procuration ou par correspondance postale.

Priscilla Wolmer
Directrice de la rédaction