Les opérations d’émigration clandestine vont crescendo : 845 clandestins tunisiens sont arrivés, entre le 10 et le 14 octobre 2017, à…

Emploi : la jeunesse tunisienne gagnée par le pessimisme

Tunisie : le chômage pousse la jeunesse à fuir clandestinement

Les opérations d’émigration clandestine vont crescendo : 845 clandestins tunisiens sont arrivés, entre le 10 et le 14 octobre 2017, à l’île italienne de Lampedusa (environ 150 kilomètres des îles Kerkenah).

Ils ont beau avoir vécu le drame de l’échec du naufrage, aux larges des îles Kerkennah, le 9 octobre 2017, d’une embarcation qui voulait les transporter clandestinement en Italie, ils ne regrettent quasiment rien. Et ils entendent revenir à la charge.

Nombre d’échos parviennent en Tunisie, dont une partie à partir des médias, au sujet de jeunes déterminés à fuir clandestinement le pays.

Le sujet inquiète l’opinion qui s’interroge sur ce qui travaille des jeunes qui ont failli y passer : le drame des îles Kerkennah a fait huit  morts.

Une jeunesse qui n’a plus rien à perdre

Les opérations d’émigration clandestine vont du reste crescendo : 845 clandestins tunisiens sont arrivés, entre le 10 et le 14 octobre 2017, à l’île italienne de Lampedusa (environ 150 kilomètres des îles Kerkenah).

Une détermination qui en dit long, commente une bonne partie des médias tunisiens, sur le mental de jeunes tunisiens – ou du moins une partie d’entre eux- qui n’ont plus rien à perdre en se jetant à l’eau. Défiant tous les dangers.

D’où l’intérêt de trouver solutions aux problèmes d’une jeunesse qui n’a plus d’espoirs en restant dans un pays où elle ne rencontre plus que chômage et désœuvrement. Aujourd’hui chroniqueur, notre confrère Brahim Oueslati, ancien Directeur général de l’Observatoire national de la jeunesse, a appelé, le 17 octobre 2017, dans le journal électronique Espace manager, à une "vision nouvelle de la jeunesse" en rapport avec les nouvelles mutations et l’évolution du pays, à tous les niveaux et les défis des générations futures.

La situation de la Tunisie est "mauvaise" ou "très mauvaise"

Dans son Baromètre politique du mois d’octobre 2017, le cabinet d’études et de sondage tunisien, Sigma Conseil, fait état d’un grand pessimisme dans l'opinion : 3 Tunisiens sur 4 estiment que leur pays est "sur le mauvais chemin".

Mais si 75,4% de Tunisiens n’ont pas le moral, c’est parmi la jeunesse que le pessimisme est le plus grand : 86,7%.

Des chiffres qui viennent confirmer d’autres : selon un sondage  réalisé, en septembre 2017, par l’International Republican Institute (une organisation liée au Parti Républicain des Etats-Unis d’Amérique) 87% des personnes interrogées trouvent que la situation de la Tunisie est "mauvaise" ou "très mauvaise".

 

 

Mohamed Gontara
Journaliste - Correspondant en Tunisie