Seulement 38,25 % de participation. Un taux bien en dessous de celui enregistré en 2012 qui s‘était élevé à 42,90 %. Les réseaux…

Des législatives boudées par les Algériens en Algérie, la faute aux réseaux sociaux ?

POLITIQUE

Seulement 38,25 % de participation. Un taux bien en dessous de celui enregistré en 2012 qui s‘était élevé à 42,90 %. Les réseaux sociaux du pays ne sont pas tout à fait innocents à la situation.

C‘était pourtant prévisible. Tout le long de la campagne, les Algériens n’avaient manifesté aucun intérêt pour ces joutes. Ils s‘étaient plutôt tournés vers la présidentielle française où le choc des candidats au second tour – Marine Le Pen et Emmanuel Macron – alimente les passions à travers le monde.

Si le manque d’enjeu et la faible connaissance des candidats a, à un moment expliqué la bouderie des Algériens, un événement est venu s’y coller. Les youtubeurs qui appellent au boycott.

Ils ont été prolifiques sur leur “outil de travail”. De nombreuses vidéos qui appellent les Algériens à ne pas aller voter ont été déployées sur YouTube avec à la clé des millions de personnes touchées.

Dans ces vidéos subversives, ils dépeignent avec un brin d’humour les conditions difficiles de vie de leurs concitoyens. Du manque d’infrastructures hospitalières, à la pauvreté en passant par les abus de pouvoir, la détérioration du système éducation ou encore la corruption, ces youtubeurs ont poussé les internautes algériens à s’interroger sur l’utilité de leur vote.

“Pourquoi veux-tu entendre ma voix seulement à l’approche des élections”, s’interroge par exemple DZ Joker, un youtubeur dont la vidéo a récolté plus de 3 millions de vues.

Pourtant, le gouvernement algérien pensait avoir pris toutes les dispositions pour éviter ce fiasco. Le ministre algérien de la Communication avait notamment fait parvenir aux médias, le 28 mars, une circulaire pour qu’ils ne donnent pas la parole aux personnes qui appellent au boycott de ces élections. Il a visiblement fait la mauvaise pioche.

Mohamed Gontara
Journaliste - Correspondant en Tunisie et dans le reste du Maghreb