Beaucoup s’interrogent en Tunisie sur les chances de survie du nouveau  "Front  parlementaire progressiste" qui pourrait…

Création d’un "Front parlementaire progressiste"

Une énième tentative pour (re) constituer le paysage politique en Tunisie ?

Beaucoup s’interrogent en Tunisie sur les chances de survie du nouveau  "Front  parlementaire progressiste" qui pourrait disparaître au premier couac. À l’instar d’un certain Front du salut et du progrès, créé, et pour l’essentiel, autour de Machroû Touness et de l’Union Patriotique Libre.

Le paysage politique tunisien donne l’impression de toujours se (re)constituer. La semaine précédente nous a appris la création d’un nouveau groupe au sein de l’Assemblée des Représentants du Peuple (ARP), le parlement tunisien : le  "Front parlementaire progressiste ".

Quarante députés constitueraient ce nouveau front qui entend "défendre les réformes initiées par le chef du gouvernement, Youssef Chahed" dans sa lutte contre la corruption.

Le "Front parlementaire progressiste" serait constitué de députés de trois mouvements politiques :  Machroû Touness (Le Projet de la Tunisie), un mouvement qui a fait dissidence de Nidaa Touness  (L’Appel de Tunisie) (25 députés), Afek Touness (Les Horizons de la Tunisie) (10 députés) et de Nidaa Touness.

Une nouvelle initiative pour déstabiliser Nidaa Touness

Pour ce dernier mouvement, il ne s’agirait que d’une dizaine de députés sur les 67 présents à l’ARP).

Une constitution qui n’a pas tardé à faire réagir le Directeur exécutif de Nidaa Touness, Hafedh Caïd Essebsi. Qui a menacé, dans un communiqué publié dans sa page Facebook, d’ "exclure et du parti et de son groupe parlementaire à l’ARP tous ceux qui adhèreraient à ce Front".

Et l’on se perd en conjectures dans le paysage politique tunisien sur les raisons réelles de la constitution de ce groupe. S’agit-il d’une nouvelle initiative pour déstabiliser Nidaa Touness et son chef  qui n’est autre que le propre fils du chef de l’État, Mohamed Béji Caïd Essebsi ?

Outre Machroû Touness, les dissidences au sein de Nidaa Touness ont donné lieu à deux autres mouvements politiques Bani Watani (Les enfants de la patrie) et Touness Awalane (La Tunisie d’abord).

S’agit-il de contrarier l’alliance entre Nidaa Touness et le parti islamiste Ennahdha qui ont constitué un Comité de coordination au sein de l’ARP pour "renforcer le consensus entre les deux groupes parlementaires" ? Ennahdha possède 69 députés.

Se repositionner en vue des Municipales du 25 mars 2018

La création de ce Front  souhaite-t-elle marquer, comme le disent certains observateurs, une volonté de "rééquilibrer" un paysage parlementaire dans lequel l’on ne cesse de ressentir une "hégémonie" de Nidaa Touness et d’Ennahdha ?

Doit-on examiner, par ailleurs, la création du "Front parlementaire progressiste" sous un tout autre angle : un repositionnement en vue des élections municipales prévues pour le 25 mars 2018 ?

Quoi qu’il en soit beaucoup s’interrogent sur les chances de survie de ce Front qui pourrait disparaître au premier couac. A l’instar d’un certain Front du salut et du progrès, créé, et pour l’essentiel, autour de "Machroû Touness" et de l’Union Patriotique Libre (12 députés à l’ARP).

Celui-ci est né, en avril 2017, en réaction de l’alliance entre Nidaa Touness et Ennahdha. Machroû Touness a décidé de quitter le Front du salut et du progrès et l’UPL a décidé de geler sa participation.  

Mohamed Gontara
Journaliste - Correspondant en Tunisie et dans le reste du Maghreb