En juin dernier, le sommet de l’Union africaine (UA) avait été perturbé par l’interdiction de quitter le territoire intimée par un tribunal…

CPI : l'Afrique du Sud lorgne vers la porte

Actualité

En juin dernier, le sommet de l’Union africaine (UA) avait été perturbé par l’interdiction de quitter le territoire intimée par un tribunal de Pretoria à Omar el-Béchir, président du Soudan. Des mois plus tard, l’imbroglio n’est pas terminé.  Du côté de l'ANC, le parti au pouvoir, des voix s'élèvent pour demander le retrait du pays de la Cour pénale internationale (CPI). 

Dernier épisode en date, Obed Bapela - responsable de haut rang - est montré au créneau le dimanche 11 octobre pour critiquer l'institution de La Haye, jugeant que la CPI avait "perdu le contrôle de sa direction"Une manière à peine masquée de réaffirmer que la Cour est un instrument politique aux mains des Occidentaux. Plus clairement, ce proche du président Zuma a accusé les puissants de "piétiner" les droits de l'homme pour poursuivre leurs "intérêts égoïstes". Le tout avant d'avancer que "l'Afrique du Sud brandit toujours le drapeau des droits de l'homme et nous ne le mettrons pas en berne".

C’est un véritable bras de fer judiciaire que le gouvernement sud-africain et sa justice se livrent. Preuve s’il en est que la séparation des pouvoir, en Afrique, ça peut fonctionner ! Si l’enjeu de la procédure n’est certes pas l’arrestation du président soudanais, inculpé depuis 2009 par la Cour pénale internationale (CPI) de crimes contre l'humanité, crimes de guerre et génocide dans le conflit au Darfour, chaque partie refuse de baisser pavillon. La justice sud-africaine a rejeté mercredi 16 septembre la demande d'appel du gouvernement quant à cette décision.

Ainsi, le juge Hans Fabricius de la Haute Cour de Pretoria a fait preuve d’une grande clarté pour expliquer que "la demande d’appel n’a pas de chance d’aboutir" forçant de se fait "l’État à s’acquitter des frais judiciaires". Dans l’autre camp, on ne l’entend pas de cette oreille et c’est le porte-parole du ministère de la Justice, Mthunzi Mhaga, qui est monté au créneau pour affirmer que les services de l’État allaient "compiler un dosser substantiel" dans les 20 jours pour aller au bout de l’action engagée.

Un face-à-face qui n’est pas sans fondement. Mardi 15 septembre, le président Jacob Zuma n’a pas écarté d’accueillir son homologue de Khartoum, Omar el-Béchir, lors du sommet Chine-Afrique organisé à Johannesburg début décembre. Voilà qui pourrait refaire grincer des dents du côté de La Haye. La CPI ne décolère pas et, la semaine passée encore, a sommé l’Afrique du Sud de livrer, avant le 5 octobre, "ses vues sur les événements entourant la présence d’Omar el-Béchir au sommet de l’Union africaine à Johannesburg les 13, 14 et 15 juin 2015". Pretoria a réclamé un délai supplémentaire pour présenter un argumentaire circonstancié.

Rédaction
Journaliste