La tension s’amplifie à Tataouine. Les habitants de la région se sont introduits au siège du gouvernorat, en scandant un «dégage» à l…

MANIFESTATION EN TUNISIE

Un climat tendu de Tataouine à Tunis

La tension s’amplifie à Tataouine. Les habitants de la région se sont introduits au siège du gouvernorat, en scandant un «dégage» à l’encontre du gouverneur Mohamed Ali Barhoumi, tandis qu’un certain nombre de manifestants ont pris d’assaut l’Hôtel ville de Tataouine, malgré une tentative des forces de sécurité de ramener le calme. Une grève générale est observée dans cette journée du lundi 22 mai. 

En effet, les manifestants  ont décidé de bloquer de nouveau  la station de pompage du pétrole, qui, pour rappel,  est protégée par  la garde nationale ainsi que l’armée, suite à la décision prise par le Président de la République lors de son discours du 10 mai. 

Pour manifester leur colère, les sit-inneurs ont non seulement bloqué les routes avec des pneus brûlés, mais ils auraient même menacé de brûler le siège du gouvernorat si les protestataires du site pétrolier d’El Kamour étaient évacués de force. Notons que ces derniers ont lancé un appel à la  grève générale, en empêchant les établissements publics et privés de vaquer à leurs occupations. 

De son côté, le chef du gouvernement Youssef Chahed a souligné l’importance de protéger les sites de production, après la fermeture de la station de pompage du pétrole de Tataouine par les sit-inneurs.

Rappelons que  lors de la visite de Youssef Chahed à Tataouine, une première série de mesures annoncée par le gouvernement, en tout, 64 mesures, ayant été rejetée par les sit-inneurs. 

Dans une déclaration radiophonique, en ce lundi, Belhassen Oueslati, porte-parole du ministère de la Défense, a  souligné que l’armée ne compte pas intervenir à condition que les manifestations demeurent pacifiques. Il précise : « Grâce au sang-froid et à la patience des unités militaires, nous avons pu éviter le pire. »

Plus de six ans après la révolution, les inégalités régionales demeurent encore et toujours d’actualité. Entre des infrastructures défaillantes, un  taux de chômage en hausse, les revendications  des manifestants qui sont, tout le monde en convient, légitimes demeurent, pour diverses raisons compréhensibles, difficiles à satisfaire.

Le gouvernement pourra-t-il résoudre cette délicate équation ? Il faut l’espérer.

Rédaction
Journaliste