Dans une déclaration qui doit être rendue publique mardi 25 septembre, un groupe de 25 juristes de renommée internationale, spécialistes des situations de post-conflit, met en garde la communauté internationale contre tout financement précipité de la reconstruction en Syrie.

Syria

Des juristes internationaux déconseillent de financer la reconstruction en Syrie

Dans une déclaration qui doit être rendue publique mardi 25 septembre, un groupe de 25 juristes de renommée internationale, spécialistes des situations de post-conflit, met en garde la communauté internationale contre tout financement précipité de la reconstruction en Syrie.

Les auteurs de ce texte, dont nos confrères du journal Le Monde ont obtenu une copie en avance, estiment qu’en l’absence de transition politique, tout Etat, organisation internationale ou entreprise participant à l’effort de redressement du pays, "se rend potentiellement complice de crimes internationaux", en particulier de "nettoyage ethnique".

Cet appel, adressé à Antonio Guterres, le secrétaire général de l’ONU, doit être lancé depuis New York, à la veille d’une réunion ministérielle sur l’avenir de la Syrie organisée en marge de l’Assemblée générale des Nations unies.

Il intervient alors que le pays sort en lambeaux de sept années de guerre civile et que les grandes puissances se disputent sur l’opportunité de financer sa reconstruction, dont le coût est estimé à 300 milliards de dollars (255 milliards d’euros).

La Russie, alliée et protectrice de Damas, pousse l’Union européenne à soutenir ce processus. Moscou argue que le relèvement de la Syrie permettra d’éviter un nouvel afflux de réfugiés en provenance de ce pays et facilitera le retour des Syriens installés dans l’UE.

Transition politique

Les grandes capitales européennes, et surtout Paris, jugent au contraire qu’un tel engagement serait prématuré. La France insiste sur la nécessité de conditionner toute reconstruction de la Syrie à la mise en place d’une transition politique, conforme à la résolution 2254 du conseil de sécurité des Nations unies, un plan de règlement du conflit adopté en décembre 2015.

L’appel des 25 juristes vient en renfort de la position française. Parmi ses signataires figurent la Sud-Africaine Navi Pillay, ancienne haute-commissaire aux droits de l’homme...

Rédaction
Journaliste