Le président tchadien Idriss Déby a nommé lundi les membres de son gouvernement après la mise en place vendredi de la nouvelle Constitution pour une 4e République qui instaure un régime présidentiel sans Premier ministre, a annoncé la télévision nationale.

Chad

Tchad : nomination du premier gouvernement de la 4e République

Le président tchadien Idriss Déby a nommé lundi les membres de son gouvernement après la mise en place vendredi de la nouvelle Constitution pour une 4e République qui instaure un régime présidentiel sans Premier ministre, a annoncé la télévision nationale.

Composé de 24 ministres et 4 secrétaires d‘État, le nouveau gouvernement prêtera serment devant le président de la République, comme le veut la nouvelle Constitution promulguée vendredi dernier.

Pour plus de représentativité, 9 femmes entrent en scène. Dix anciennes personnalités quittent le gouvernement, dont le ministre des Infrastructures, celui des Finances et celui du Pétrole.

Les portefeuilles de la Défense et de la Sécurité ainsi que celui du ministère des Affaires étrangères conservent leurs titulaires.

Kassire Coumakoye, ancien Premier ministre (1993-1995 puis 2007-2008) d’Idriss Déby, devient ministre d’Etat conseiller à la Présidence, et l’avocat Jean-Bernard Padare devient ministre d’Etat chargé des Infrastructures.

La Constitution, adoptée par une session parlementaire boycottée par de nombreux députés de l’opposition, renforce les pouvoirs du président tchadien avec la mise en place d’un régime présidentiel intégral, sans Premier ministre ni vice-président.

Idriss Déby a également décrété vendredi une "amnistie générale", invitant tous les Tchadiens qui "pour une raison ou pour une autre ont quitté leur pays" à "rentrer dignement".

Un appel qui a suscité des réactions au sein des exilés comme l’ex-conseiller du président Déby réfugié politique en France, Abakar Tollimi, pour qui l’amnistie est un "non-événement" et qui dit être loin de son pays par "manque de démocratie". 

L’Union des forces de la résistance (UFR) estime qu’Idriss Déby n’a "jamais respecté ses engagements", selon son porte-parole Youssouf Hamid basé en Allemagne.

Le bureau politique de l’Union des forces pour la démocratie et le développement (UFDD) dirigé Mahamat Nouri, chef rebelle qui avait défié M. Déby en descendant sur N’Djamena il y a dix ans, a également rejeté la proposition dans un communiqué. 

Priscilla Wolmer
Directrice de la rédaction