Le Tribunal fédéral a désavoué Claudio Mascotto pour son manque d’impartialité dans l’instruction pénale ouverte par le Ministère public genevois à l’encontre du vice-président de la Guinée équatoriale. Ce dernier est accusé de blanchiment d’argent.

Coup de massue pour la justice genevoise

Enquête Teodoro Nguema Obiang Mangue : un procureur genevois récusé !

Le Tribunal fédéral a désavoué Claudio Mascotto pour son manque d’impartialité dans l’instruction pénale ouverte par le Ministère public genevois à l’encontre du vice-président de la Guinée équatoriale. Ce dernier est accusé de blanchiment d’argent.

Le Tribunal fédéral a ordonné la récusation de Claudio Mascotto, l’un des deux procureurs chargés de l’enquête contre le vice président de Guinée équatoriale, Teodoro Nguema Obiang Mangue. Une décision extrêmement inhabituel. Les juges de Mon Repos accèdent ainsi à la demande du gouvernement équato-guinéen et d’une avocate de l’étude genevoise A. S. qui dénonçaient un manque d’impartialité. Âgé de 48 ans, Teodoro Nguema Obiang Mangue est accusé de blanchiment d’argent par le Ministère public genevois.

Révélée par le site de La tribune de Genève, l’information complique l'enquête ouverte à l’automne 2016 à l’encontre dvice-président. La procédure pénale porte notamment sur l’acquisition suspecte de deux yachts. L’étude A. S., qui aurait participé à la transaction, est également prévenue de coactivité de blanchiment. En novembre 2016, onze voitures de luxe appartenant à Teodoro Nguema Obiang Mangue avaient été saisies par la justice sur le tarmac de l’aéroport de Cointrin. Le mois suivant, le navire baptisé Ebony Shine, estimé à cent millions de dollars, avait lui aussi été confisqué.

En 2015 déjà, une enquête du Temps avait révélé les liens de Teodoro Nguema Obiang Mangue avec la Suisse dans le cadre de la procédure des "biens mal acquis" entamée en France. Accusé de blanchiment d’argent, détournement de fonds publics et corruption, le vice-président a été condamné en novembre 2017 à Paris à trois ans de prison et 30 millions d’euros d’amende, le tout assorti d'un sursis. Ses avocats ont fait appel de cette décision qui, pourrait être annulée en fonction de la décision qui sera prise en février, par la Cour internationale de Justice, organe juridique de l'ONU.

"Comment la justice française a t-elle pu condamner un vice-président de la république en exercice sous prétexte qu'au moment des faits, il n'était que Ministre de l'Agriculture ?

Aux oubliettes les immunités diplomatiques ?

Et dans ce cas, pourquoi il a plâné durant tout le temps de leur mandat un nuage des plus menaçant pour Chirac ou Sarkozy, ex-chef de l'État alors que leur calendrier judiciaire aurait dû être autant chargé que celui du vice-président Teodoro Nguema Obiang mangue, alors qu'ils étaient eux aussi en fonction ? Deux poids, deux mesures que cette justice française quand il s'agit d'humilier un vice-président Africain lors d'un procès public" analyse en off un politicien français

Avant de surenchérir :

"certains juges français ne sont finalement pas mieux que Donald Trump qui insulte sans modération les présidents Africains de "pays de merde". Trump au moins le fait sans détour et sans se cacher derrière les réquisitions du parquet !"

Pour l'heure, l’incertitude demeure quant à la suite de l’instruction genevoise. Claudio Mascotto sera-t-il remplacé ou l’autre procureur désignée, Johan Droz, officiera-t-il seul ? La Tribune de Genève précise que les décisions prises jusqu’ici par le magistrat récusé ne sont pas invalidées.

Il n'en demeure pas moins, que c'est un sacré coup de massue pour la justice genevoise et une victoire pour la Guinée équatoriale.

Priscilla Wolmer
Directrice de la rédaction