Le gouvernement ne cesse de monter au créneau

Critiqué sur la hausse des prix

Le chef du gouvernement, Youssef Chahed, en tête, tente d’apaiser les tensions en expliquant que la situation économique est des plus difficiles.

La Tunisie ne vit depuis le début de l’année 2018 qu’à l’heure d’une grogne populaire, largement relayée par les médias, sur la hausse des prix. Consécutive –et pour l’essentiel – à l’adoption de la loi des finances 2018, qui prévoit nombre d’augmentations fiscales, cette grogne n’a pas laissé insensible le gouvernement.

Ce dernier ne laisse de monter au créneau, le chef du gouvernement, Youssef Chahed, en tête, pour apaiser un tant soit peu, les tensions. En annonçant, tour à tour, que le gouvernement n’a pas touché aux produits dits de base (pain, semoule, sucre,…), que l’augmentation de la TVA de 1% n’a pas d’impact sur le pouvoir d’achat, que 8% seulement des produits importés ont subi des augmentations au niveau de la douane,…

Ce qui n’a pas du reste fait taire la grogne des uns et des autres qui invoquent l’augmentation du prix des hydrocarbures, de l’électricité, du gaz, de l’eau,…Et que, entre autres, ces dernières augmentations vont avoir un impact sur le prix de beaucoup de biens et de services : le pétrole est utilisé, par exemple, dans la fabrication de nombreux produits industriels comme il constitue un poste important des coûts du transport.

"Climat social tendu  et  perspectives plutôt sombres"

Mais aussi que la vie est déjà bien chère : bien avant l’entrée en vigueur de la loi des finances 2018, le taux d’inflation a atteint, aux dires des experts, un seuil historique : 6,4%.

"Economie en berne, climat social tendu, perspectives plutôt sombres, c’est le constat fait par  la plupart des Tunisiens à travers les canaux officiels d’expression et à travers le bouche-à-oreille", commentait du reste le quotidien La Presse, le 4 janvier 2018, la situation qui prévaut ces jours ci dans le pays.

Autre réaction du gouvernement. Il ne cesse d’expliquer que la situation économique est difficile. Avec notamment un déficit public et un taux d’endettement importants: 4,9% (prévision) pour le premier et  22% pour le second.  

Mohamed Gontara
Journaliste - Correspondant en Tunisie et dans le reste du Maghreb