Si le pays est sorti de la dictature de Ben Ali pour s’engager sur les voies de la démocratie, la situation économique n’a, quant à elle, fait qu’empirer.

Il était une fois la révolution tunisienne

17 décembre 2010 - 17 décembre 2017

Si le pays est sorti de la dictature de Ben Ali pour s’engager sur les voies de la démocratie, la situation économique n’a, quant à elle, fait qu’empirer.

"Nous fêtons certes aujourd’hui le 7ème anniversaire de la révolution tunisienne, mais le cœur n’y est vraiment pas", lance Mohamed, un ouvrier, la trentaine et manteau en velours marron, sur la Place Mohamed Bouazizi, à Sidi Bouzid, ville située à 265 kilomètres au sud de Tunis.

Pour la commémoration du martyr de Mohamed Bouazizi, marchand ambulant de la ville, qui s’est immolé par le feu, un 17 décembre 2010, acte qui a été suivi par la fuite, le 14 janvier 2011, de l’ancien président Zine El Abidine Ben Ali (1987-2011), les drapeaux et des banderoles revendiquant "la liberté, le développement et l’emploi" et la présence de nombreux officiels n’ont rien changé à la mine triste des habitants.

Publié il y a une dizaine de jours, un sondage d’opinion, réalisé par le cabinet privé Sigma conseils, soutient que 80% des Tunisiens considèrent que leur situation est pire que celle qui prévalait le 14 janvier 2011.

Et il n’est pas rare que des Tunisiens regrettent la gestion du pays sous la dictature de ce dernier. Sans revendiquer son héritage, des politiques vont jusqu’à affirmer que l’ancien président savait gérer la chose publique et s’est entouré, pour ce faire, de grandes compétences.

Un pays pratiquement "sous la coupe du FMI"

Ce qui sous entend que les gouvernements qui se sont succédé depuis le 14 janvier 2011 n’ont pas su concrétiser les aspirations du peuple qui est sorti, du17 décembre 2010 au 14 janvier 2011, pour revendiquer non seulement la liberté et la dignité, mais aussi l’emploi.

Or, si le pays est sorti d’une dictature pour s’engager sur les vois de la démocratie, la situation économique n’a fait qu’empirer. En témoigne, les indicateurs concernant ce que les économistes appellent les "fondamentaux" : la croissance est de seulement 2,5%, l’inflation est de 6,3%, le taux de chômage est de 15% et la balance courante a un déficit équivalent à 4% du Produit Intérieur Brut.

D’autant que "le pays est maintenant pratiquement tombé sous la coupe du Fonds Monétaire International (FMI) qui est entrain de lui servir des remèdes pas toujours faciles à digérer", nous assure un des chroniqueurs du paysage audio-visuel tunisien. Une délégation du FMI a séjourné du 30 novembre au 13 décembre 2017 à Tunis en prévision du déblocage d’un nouveau crédit.      

Mohamed Gontara
Journaliste - Correspondant en Tunisie et dans le reste du Maghreb