Qui en veut à Youssef Chahed ?

Devenu gênant pour certains acteurs politiques en Tunisie

Des observateurs n’oublient pas que le chef du parti Ennahdha, Rached Gannouchi, qui figure parmi ceux qui tirent les ficelles en Tunisie, a souhaité, en août 2017,  que le chef du gouvernement ne se présente pas à la Présidentielle de 2019.  

Des commentaires font état depuis quelques jours d’une volonté de faire tomber le chef du gouvernement, Youssef Chahed, qui pourrait devenir gênant ?

Certains évoquent un " désamour " entre Youssef Chahed et son parti, Nidaa Touness (L’appel de Tunis), le second  parti par le nombre de députés à l’Assemblée des Représentants du Peuple (ARP) en Tunisie (officiellement 67 députés). Ce dernier parti, tiraillé entre des courants, constitue du reste avec le parti islamiste, Ennahdha (69 députés), un des vrais détenteurs du pouvoir.

On raconte que Youssef Chahed n’est pas en odeur de sainteté avec Hafedh Caïd Essebsi, le patron de Nidaa Touness. Celui-ci qui n’est autre que le propre fils de Mohamed Béji Caïd Essebsi, reprocherait au chef du gouvernement de ne pas avoir répondu positivement à certaines demandes de nominations.

Le chef du gouvernement est-il craint pour avoir fait tomber des têtes corrompues ? Youssef Chahed est-il allé, selon certains, bien loin sur le dossier de la corruption ? Fallait-il qu’il s’arrête à un niveau ?  Lui qui semble vouloir faire de la lutte contre la corruption une politique du gouvernement d’Union nationale qu’il préside ?

Intensification des contrôles économiques

Une volonté largement perceptible dans une lutte sans merci qu’il mène contre tous ceux, qui par des pratiques illicites,  sont en train de rendre difficile le quotidien du Tunisien. Tous les Tunisiens ont ressenti cette volonté lors de sa visite inopinée, le 15 novembre 2017, au Marché de gros Tunis inspectant la marche de la distribution des fruits et légumes. Annonçant une intensification des contrôles économiques contre toute forme de monopoles.

Souhaite-t-on, dans un pays où le pouvoir est largement diffus, qu’il paye les pots cassés d’un Projet de Loi des Finances (PLF) qui ne fait pas –loin s’en faut- l’unanimité parmi les acteurs sociaux et politiques ? Aussi bien le patronat que les syndicats ouvriers n’en veulent pas. Et exigent des révisions fondamentales.

D’autres ont-ils peur que l’homme gagne beaucoup de terrain, d’ici les élections générales et la Présidentielle de 2019, au sein d’une  société tunisienne où il a beaucoup d’appuis. Des observateurs n’oublient pas, à ce propos, que le chef du parti Ennahdha, Rached Gannouchi, qui figure parmi ceux qui tirent les ficelles en Tunisie, a souhaité, en août 2017,  que le chef du gouvernement ne se présente pas à la Présidentielle de 2019 !  

Mohamed Gontara
Journaliste - Correspondant en Tunisie et dans le reste du Maghreb