L'ancienne ministre de la Culture de François Hollande succède à la Bulgare Irina Bokova pour diriger l'organisation onusienne surtout connue pour son classement des sites remarquables de la planète au patrimoine mondial.

La Française Audrey Azoulay élue à la tête de l'Unesco

L'Unesco, affaiblie, élit son directeur général

L'ancienne ministre de la Culture de François Hollande succède à la Bulgare Irina Bokova pour diriger l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture. Elle aura pour première tâche de restaurer l'autorité d'une institution devenue peu audible en dehors de son classement des sites remarquables au patrimoine mondial.

Au terme d'un avant-dernier tour de scrutin vendredi après-midi, Audrey Azoulay l'a emporté face à l'Égyptienne Mouchira Khattab. L'ancienne ministre française de la Culture a obtenu 31 voix face à la diplomate égyptienne et ex-ministre de la Famille et de la population (25 voix).

Audrey Azoulay est élue pour un mandat de quatre ans face au Qatari Hamad ben Abdelaziz al Kaouari. La Française a obtenu 30 voix, son adversaire 28, au sein des 58 membres du conseil exécutif dont le choix doit être encore validé par la conférence générale des Etats membres le 10 novembre, selon les résultats officiels.

REVERS MAJEUR

"L’Unesco a plus que jamais besoin d'un projet dans lequel tous les Etats membres puissent se retrouver, qui rétablisse la confiance et dépasse les clivages politiques au seul service des missions essentielles de l'Unesco", a déclaré jeudi soir la porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, Agnès Romatet-Espagne.

"C’est ce projet que la France porte aujourd’hui, à travers la candidature de Mme Audrey Azoulay," a-t-elle ajouté.

Si l'Unesco est surtout connue pour la protection des sites considérés comme faisant partie du patrimoine commun de l'humanité, l'essentiel de son budget est consacré à des programmes d'éducation.

À cet égard, le retrait des Etats-Unis, qui contribuent à un cinquième de son budget, est un revers majeur pour l'organisation parisienne.

"Malheureusement, ce lieu est devenu politisé, ce qui a discrédité le travail de l'Unesco relativement à son mandat. C'est devenu un lieu où s'expriment des positions anti-israéliennes, et, malheureusement, nous prenons la décision de nous retirer de l'Unesco à ce stade", a explique le chargé d'affaires américain à l'Unesco, Chris Hegadorn.

La compétition pour la direction générale est également le miroir des rivalités entre le Qatar et l'Egypte. Ce dernier pays, a, avec d'autres pays arabes menés par l'Arabie saoudite, rompu ses relations diplomatiques avec Doha, accusant le pouvoir qatari de soutenir les groupes islamistes fondamentalistes, ce que ce dernier dément.

Priscilla Wolmer
Directrice de la rédaction