Des pirates somaliens, qui avaient attaqué le voilier d’un couple de retraités français dans le golfe d’Aden en 2011, ont été condamnés ce…

Tribal Kat : les pirates somaliens condamnés

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Des pirates somaliens, qui avaient attaqué le voilier d’un couple de retraités français dans le golfe d’Aden en 2011, ont été condamnés ce mercredi 13 avril par la cours d’assisses de Paris, à des peines allant de six à quinze ans de prison. Qu'est ce que ce phènomène et comment lutte-t-on contre ? 

Quatrième procès en France

En septembre 2011, les pirates avaient pris d’assaut le Tribal Kat, voilier d'un couple de retraités français. A bord ils avaient tué Christian Colombo et pris sa femme en otage. Ce mercredi, après 13 jours d’audience, les sept accusés ont été reconnus coupables de détournement de navire ayant entraîné la mort, de séquestration et de vol en bande organisée.

Ce n’est pas le premier procès de pirates somaliens en France. En effet trois affaires ont déjà été jugées pour des affaires commises entre 2008 et 2009 ( leCarré d'as, le Ponant et le Tanit ).

« Tout les États sont en mesure d’intervenir contre les pirates. »

Comment de tels procès peuvent avoir lieu en France, alors que les événements ont lieu dans le golfe d’Aden? On trouve une réponse dans l’article « Qui sont les pirates somaliens ? » de Nicolò Carnimeo et Matteo Guglielmo publié en 2010. L’amiral Fabio Caffio, expliquait que la loi italienne autorisait à juger « les auteurs de piraterie même lorsque ces derniers ont été commis par des personnes étrangères dans les eaux internationales. Ce qui est à coup sûr prévu par la législation d’autres pays. » Et de citer le cas du Ponant, où la France a fait transférer sur son territoire les auteurs de la prise d’otage.

L’amiral expliquait également que « tout les États sont en mesure d’intervenir contre les pirates. La piraterie est un crime à caractère international ».

Un phénomène en diminution ?

Depuis 2005 la piraterie dans la corne de l’Afrique prend la forme d’attaques de navire, de pillages et d’enlèvements. On peut lire dans l’article de Nicolò Carnimeo et Matteo Guglielmo qu’en 2010 une flotte internationale importante patrouillait dans le golfe d’Aden. Mais pour les auteurs le problème doit être résolu sur d’autres plans, puisque le phénomène trouve principalement son origine dans l’état de guerre permanent dans lequel est plongé la Somalie, depuis le début des années 90.

Autre raison : la pêche illégale. Au départ les pirates expliquaient vouloir lutter contre cette pratique, faite dans leurs eaux territoriale, avant de trouver un débouché lucratif dans le rançonnement des voyageurs. 

Finalement aujourd’hui le phénomène des attaques éclairs, menées comme des embarcations, a diminué. A partir de 2011 on constate un durcissement des actions anti-piraterie : déploiement de forces navales et embarquement d’équipes de protection à bord des navires permettent de faire reculer le nombre d’attaques.

Pourtant certains alertent sur le fait que la piraterie serait de retour. En effet le déploiement de forces navales a un coût et ne peut être permanent. Par ailleurs les raisons premières de ce phénomène, l’instabilité du pays ou la surpêche, perdurent, ainsi que la misère qui accompagnent ces fléaux. 


Journaliste