C’est sans surprise que le « oui » au référendum constitutionnel l’a emporté au Congo. Une victoire écrasante, le chiffre de 93 %…

Opinion

Congo : que la mascarade commence !

C’est sans surprise que le « oui » au référendum constitutionnel l’a emporté au Congo. Une victoire écrasante, le chiffre de 93 %, est avancé. Un résultat normal si l’on considère que seuls les partisans du président Sassou ont accouru aux urnes. Plus étonnant, il serait 72 % à soutenir leur chef d’État. Élections et mathématiques font décidément souvent mauvais ménage en Afrique.

Qui doutait réellement de la manipulation ? Elle était attendue et annoncée par tout ceux qui avaient compris que cette consultation populaire n’était qu’un écran de fumée pour donner une once de légitimité à la prochaine candidature d’un président incapable de lâcher les brides du pouvoir. La mascarade ne fait que débuter…

Comment désormais aller aux élections le cœur léger ? Comment accorder la moindre crédibilité au futur scrutin présidentiel ? Qui pour concourir sérieusement à ce qui va s’apparenter à un simulacre de démocratie ? Denis Sassou-Nguesso s’est lui-même condamné à l’anathème. Il restera un autocrate de plus sur un continent qui a cruellement besoin de dirigeants éclairés.

Les plus fervents partisans du vieil autocrate, disons-le, avanceront que nul ne peut aller contre la volonté populaire. Outre le « tripotage » grossier des chiffres, il conviendra de rappeler à ces profiteurs que leur visionnaire de président a attendu pas moins de 13 années avant de réaliser que la loi fondamentale en vigueur n’était peut-être pas si bonne que ça. Cette Constitution, vous savez, qui avait été adoptée en 2002 par référendum…

La conclusion de cette histoire est tout simplement que Denis Sassou-Nguesso est un homme du passé. Un dirigeant suranné qui s’imagine pouvoir présenter à la face du monde des résultats dignes d’une république bananière. Ce qu’a longtemps été et reste encore, à une certaine manière le Congo, satellite de la France. Après avoir attendu avec impatience les résultats de la supercherie, tout le monde piaffe désormais de connaîtres les réactions de Paris, New York, Washington et surtout de l’Union africaine…

Rédaction
Journaliste