Le président Barack Obama a donné jeudi 28 janvier pour instruction à ses conseillers à la sécurité nationale de contrer les efforts de l…

Libye : Barack Obama appelle à contrer Daech

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Le président Barack Obama a donné jeudi 28 janvier pour instruction à ses conseillers à la sécurité nationale de contrer les efforts de l'organisation djihadiste État islamique (EI) pour gagner du terrain en Libye et dans d'autres pays, a fait savoir la Maison Blanche. Les Européens, eux, se préparent aussi à la guerre !

L'EI a tiré profit du chaos ambiant en Libye pour prendre le contrôle de la ville de Syrte, au bord de la Méditerranée, et les djihadistes ont lancé plusieurs attaques depuis le début de l'année contre des installations pétrolières, du côté des terminaux côtiers de Ras Lanouf et d'Es Sider. "Le président a demandé à ses conseillers à la sécurité nationale de poursuivre les efforts pour renforcer la gouvernance et soutenir les opérations antiterroristes en Libye et dans d'autres pays où l'EI cherche à s'implanter", a déclaré la Maison Blanche dans un communiqué. Les États-Unis avaient déjà récemment fait part de leur "profonde inquiétude" face à la progression du groupe djihadiste en Libye et en Afrique.

Jeudi, le secrétaire à la Défense, Ashton Carter, avait déclaré lors d'une conférence de presse que l'EI mettait en place des camps d'entraînement en Libye et y accueillait des combattants étrangers, comme il l'a fait en Irak et en Syrie ces dernières années. Mercredi, c'est le porte-parole du Pentagone, Peter Cook, qui indiquait que les États-Unis avaient envoyé "un petit nombre de militaires" en Libye pour "prendre contact avec les forces locales afin d'avoir une meilleure idée de ce qui se passe exactement là-bas" avant d'affirmer : "Nous examinons des options militaires".

Clairement, les puissances occidentales se préparent à combattre en Libye, même si le pays ne parvient pas à s'entendre rapidement sur la constitution d'un gouvernement d'union. C'est en tout cas ce qu'a indiqué la ministre italienne de la Défense, jeudi. "Nous ne pouvons pas imaginer que la situation demeure dans l'impasse en Libye", a dit Roberta Pinotti dans un entretien au Corriere della Sera.

Depuis 2014, la Libye compte deux gouvernements et deux parlements concurrents, les premiers installés à Tripoli et les autres reconnus par la communauté internationale basés dans l'est du pays. Chaque camp est soutenu d'une manière plus ou moins structurée par des groupes armés et d'anciens rebelles qui ont renversé l'ancien dirigeant Mouammar Kadhafi en 2011. Le parlement libyen reconnu par la communauté internationale a rejeté cette semaine la proposition des Nations unies pour constituer un gouvernement unifié alors que l'EI multiplie les opérations violentes dans ce nouveau théâtre de guerre.

Roberta Pinotti a précisé que la réunion des ministres de la Défense des États en lutte contre l'EI la semaine passée à Paris a débouché sur "un accord total" pour qu'un gouvernement libyen d'union sollicite une aide extérieure pour combattre les djihadistes. L'impasse politique qui persiste dans le pays a laissé un vide dans lequel l'État islamique s'est immiscé et dans lequel il a pu prospérer, obligeant l'Italie et ses alliés à envisager un plan d'urgence. "Au cours du mois écoulé, nous avons travaillé d'une manière plus diligente avec les Américains, les Britanniques et les Français", a précisé Roberta Pinotti. "Je qualifierais cela d'accélération et cela n'est certainement pas unilatéral. Nous sommes tous d'accord sur le fait que nous devons éviter une action non-coordonnée", a-t-il expliqué.

(avec Reuters)

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