En Tunisie, comme ailleurs, l'heure de la rentrée scolaire a sonné. Certains vont s’approvisionner au marché parallèle,…

Tunisie : renchérissement des fournitures scolaires

Beaucoup de parents tirent la sonnette d'alarme

En Tunisie, comme ailleurs, l'heure de la rentrée scolaire a sonné. Certains vont s’approvisionner au marché parallèle, dans les souks ou les boutiques situées dans les quartiers populaires qui vendent des fournitures Made in China, moitié moins chère. La raison ? Elle est purement économique. Reportage. 

350 dinars (environ 120,3 euros) pour un élève de l’école primaire, 317 dinars (environ 109 euros) pour un collégien, 389 dinars (environ 134 euros) pour un lycéen et 1002 dinars pour un étudiant. L’Organisation de Défense du Consommateur (ODC) a détaillé, le 14 septembre 2017, le coût de la rentrée scolaire en Tunisie pour une famille.

Des dépenses qui sont loin d’être à la portée des familles dans un pays où le SMIG est de 357 dinars 136 millimes par mois (environ 123 euros).  

D’autant plus que les fournitures scolaires, à l’exception des livres, connaît, selon l’Institut National de Consommation (INC), en cette rentrée scolaire (le 15 septembre 2017), "une importante augmentation atteignant 20%  dans certains cas".

Ce qui pousse nombre de ménages à aller s’approvisionner dans le marché parallèle, dans des souks hebdomadaires ou les boutiques, situées dans les quartiers populaires, qui vendent des fournitures Made in China, moitié moins chère.

"Dans les établissements scolaires, où les enfants observent les fournitures de leur voisin, il n’est pas toujours facile de convaincre son fils ou sa fille de se contenter d’un stylo, d’une gomme ou d’un cartable de moindre qualité", fait remarquer ce père de quatre enfants de la Cité Ibn Khaldoun, quartier populaire, situé à l’Ouest de Tunis.

"Et l’on s’étonne ensuite des abandons scolaires"

"Et l’on s’étonne ensuite des abandons scolaires", gronde-t-il. 100 000 élèves ont quitté les bancs de l’école en 2016. En partie parce que leurs parents n’ont pas les moyens de payer leurs études.

Un affront pour un pays qui a toujours fait de la scolarisation un axe central de sa politique et dans lequel l’école sert encore d’ascenseur social. La scolarisation des enfants avoisine les 100%.

Une éducation à deux vitesses !

Depuis quelques années, l’école publique perd du reste du terrain. Une éducation à deux vitesses semble s’installer avec un enseignement privé –notamment dans le primaire- qui développe une pédagogie de riches : classes avec un petit nombre d’élèves, usage intensif des nouvelles technologies, introduction des langues étrangères dès les premières années, programmation de visites à l’étranger, clubs artistiques,…

Une école privée que beaucoup de parents privilégient en raison des nombreuses grèves, au cours des dernières années, des enseignants et du personnel des établissements scolaires.    

 

Mohamed Gontara
Journaliste - Correspondant en Tunisie et dans le reste du Maghreb