En août 2012,  AGCO décidait d’implanter une usine de fabrication de tracteurs en Algérie. quelques mois plus tard, le 17 décembre, le…

Algérie & AGCO corporation : Un partenariat gagnant !

Analyse

En août 2012,  AGCO décidait d’implanter une usine de fabrication de tracteurs en Algérie. quelques mois plus tard, le 17 décembre, le premier tracteur « made in Algeria » sortait des lignes de production. L’exemple d’un partenariat réussi entre l’État algérien et le groupe AGCO.

Étrange paradoxe que celui qui fait de l’Algérie le premier importateur du continent de denrées alimentaires malgré un potentiel agricole d’une richesse incroyable. Une facture salée, près de 12 milliards de dollars estimée pour 2014, qui pourrait pourtant être drastiquement réduite par la simple exploitation des ressources d’une terre arable au possible. L’occasion, d’ailleurs, de rappeler que l’Afrique possède 60 % des réserves mondiales de terre, dont uniquement 20 % sont exploitées. 

La mécanisation est assurément l’une des clés pour parvenir à une optimisation de la production agricole en Afrique. Rien d’étonnant de ce fait que de voir AGCO, l'un des plus grands producteurs de tracteurs au monde, poser ses machines à proximité de Constantine. D’un côté, la firme de Duluth est en recherche constante de débouchés économiques. De l’autre, le secteur agricole algérien a longtemps souffert d’un sous-investissement de la part des pouvoirs publics. Avec les conséquences que l’on devine sur les infrastructures et les outils de travail. Quoi de plus logique finalement que ces deux-là se rencontrent et fassent des affaires ensemble ?

L’Algerian Tractors Company (ATC) est donc née de ce mariage entre le groupe industriel Agco et l’État algérien, via l’Entreprise nationale des tracteurs agricoles (ETRAG) et l’Entreprise de commercialisation des matériels agricoles (PMAT). Le tout dans un deal à l’algérienne répondant à la législation dite du « 51/49 » qui contraint les investisseurs étrangers à ne détenir que 49 % du capitale d’une entreprise de droit national (contre 51 % pour son partenaire local). 

Tout juste deux ans après cette alliance, l’usine basée à Oued Hamimime, à quelques kilomètres seulement de la « ville des ponts suspendus », tourne à plein régime avec pas moins de 3 500 tracteurs proposés chaque année à la vente. Un chiffre qui devrait atteindre 5 000 pièces par an à l’horizon 2017.  Des tracteurs de 55 chevaux (4 et 2 roues motrices), de 82 CV (4 et 2 RM) et de 150/160 CV (4 RM). De quoi répondre à la demande intérieure, jusque-là soumise à la monoproduction annuelle de 2 500 tracteurs de type C6 807 de 68 CV proposés par l’ETRAG, mais aussi pour permettre d’offrir à l’exportation 15 % des machines produites par ATC.

Un modèle de partenariat en matière de mécanisation dont la grande bénéficiaire devrait clairement être l’agriculture algérienne. Un secteur qui, avec une politique toujours plus volontariste et cohérente, pourrait devenir un véritable moteur de croissance et assurer la sécurité alimentaire d’un pays aux potentialités énormes.

Rédaction
Journaliste