Hier, l’information est passée quasiment inaperçue. Elle a été bien enfouie, en bas de la page 4, du quotidien tunisien La Presse…

En Tunisie, le SMIG ne permet plus de survivre

Consommation

Hier, l’information est passée quasiment inaperçue. Elle a été bien enfouie, en bas de la page 4, du quotidien tunisien La Presse. Zoom sur une réalité qui choque. 

L’augmentation du Salaire Minimum Interprofessionnel Garanti (SMIG) ne fait plus en toute apparence courir les lecteurs. Et ce même si, comme l’a précisé un communiqué du ministère des Affaires sociales, la « majoration »  est comptabilisée à partir du 1er août 2016.

Le SMIG passe de 338 dinars (environ 123,5 euros) à 357 dinars 136 millimes (environ 131 euros) par mois pour le régime de 48 heures et de 289 dinars 639 millimes (environ 105,5 euros) à 305 dinars 586 millimes (environ 111,5 euros) pour le régime de 40 heures.

Le salaire d’une majorité de Tunisiens ne suffisait que pour une semaine

Les sommes indiquées plus haut sont bien dérisoires ! Elles ne permettent même pas de survivre. La cherté de la vie est un des signes distinctifs d’une économie largement fragilisée par la révolution du 14 janvier 2011.

Le taux d’inflation se situait en mars 2017, selon l’Institut National de la Statistique (INS) autour de 5%. L’INS a indiqué, à ce propos, que les prix ne cessent de connaître un rythme ascendant notamment au niveau du groupe des produits alimentaires suivants : huiles alimentaires (14%), des légumes (10,7%) et des poissons (6,6%), et boissons (5%),…

Des augmentations qui ont largement impacté le quotidien des Tunisiens. Déjà en 2013, l’Observatoire « ELAF » pour la protection des consommateurs faisait état, selon un sondage réalisé par ses soins, que le salaire d’une majorité de Tunisiens ne suffisait que pour une semaine.

L’Organisation de Défense des Consommateurs (ODC) n’a cessé depuis la Révolution d’attirer l’attention du gouvernement tunisien sur la dégradation du niveau de vie et de l’endettement des familles tunisiennes notamment de la classe moyenne qui a toujours constitué un facteur de stabilité sociale.

Celle-ci ne représente plus que 67% de la population contre 80% il y a dix ans.

Mohamed Gontara
Journaliste - Correspondant en Tunisie