Certains l'accusent d'aller dans le sens du vent, un coup hors du gouvernement, un coup dans le gouvernement, il n'en demeure pas moins que l'actuel Ministre de l'environnement, de l'assainissement et du développement durable au Mali, Housseini Amion Guindo dit Poulo, est un réel animal politique et 

Mali

Housseini Amion Guindo, libre et engagé

Certains l'accusent d'aller dans le sens du vent, un coup hors du gouvernement, un coup dans le gouvernement, il n'en demeure pas moins que l'actuel Ministre de l'environnement, de l'assainissement et du développement durable au Mali, Housseini Amion Guindo dit Poulo, est un réel animal politique et rien ne l'empêchera d'agir démocratiquement pour l'amour de son pays. Rencontre.

54 ÉTATS : Vous êtes un politicien aguerri, comment expliquez-vous votre survie dans l'arène politique au Mali ?

Housseini Amion Guindo : Je ne sais pas si on peut qualifier ma constance sur l’échiquier politique de survie, ce que je peux dire, c’est que tout est parti de l’élection présidentielle de 2013.

À l’issue de cette confrontation très ouverte à l’époque, nous nous sommes classés 5ème au premier tour sur 28 candidats. Au second tour, nous avons soutenu Ibrahim Boubacar Keita qui a été élu. C’est à la suite de ce soutien que j'ai intégré le gouvernement de 2014 à 2018, respectivement en qualité de ministre des sports et de l’éducation nationale. J’ai librement démissionné en mai 2018 pour des questions de principes. J’ai été candidat à l’élection présidentielle de juillet 2018, deux mois plus tard. Malgré le manque de temps et l’impréparation, nous nous sommes classés 5ème sur 24 candidats au premier tour.

Au deuxième tour, nous avons encore soutenu le candidat IBK pour des raisons de cohérence. Notre opposition au gouvernement est partie de la volonté de proroger le mandat des députés en octobre 2018.

Le 5 mai 2019, nous avons fait notre retour au gouvernement à la faveur de l’accord politique de gouvernance signé avec les oppositions. Cette constance que je ne qualifierai pas de survie politique est essentiellement le fruit de notre représentativité et de notre encrage social.

Nous sommes la 4ème force politique derrière le trio qui a dirigé le pays de 1991 à nos jours

54 ÉTATS : Quelles sont vos relations avec Oumar Maricko, le leader de la Solidarité africaine pour la démocratie et l'indépendance (Sadi) avec qui vous formiez, encore en mars dernier la Convergence des forces patriotiques (Cofop), un mouvement pour dénoncer la prorogation du mandat des députés, déjà reportée deux fois.

COFOP

 

Housseini Amion Guindo : En créant la Cofop, Oumar Mariko et moi savions qu’on était différent sur le plan idéologique, mais complémentaire sur une question précise à savoir la non prorogation du mandant des députés. Jusqu’à preuve du contraire, nous demeurons convaincus que le report des élections législatives n’a pas été une bonne chose pour notre démocratie.

Le report des élections législatives n’a pas été une bonne chose pour notre démocratie

54 ÉTATS : En effet, initialement prévu les 28 octobre et 8 novembre 2018, les élections législatives au Mali ont été reportées et le mandat des députés prorogé jusqu'au 2 mai 2020. D'après-vous, comment se réglera la question de la légalité et de la légitimité de l'Assemblée nationale au Mali ? 

Housseini Amion Guindo : À ce niveau, je reste également convaincu que les conditions qui ont permis d’organiser la présidentielle auraient pu permettre de tenir les législatives.

Ceux qui s’attaquent aujourd’hui à notre pays s’attaquent aussi à notre démocratie

Ceux qui s’attaquent aujourd’hui à notre pays s’attaquent aussi à notre démocratie. La meilleure façon de leur tenir tête est de faire vivre notre démocratie.

54 ÉTATS : Tout ce chamboulement de l'ordre établi est lié à la situation sécuritaire au Mali, plus particulièrement dans lé région Centre du Mali. Vous êtes un Dogon, comment voyez-vous ce conflit inter-communautaire entre la communauté Peul et Dogon ?

Housseini Amion Guindo : Dans un Mali menacé dans sa diversité ethnique et culturelle, je me conçois comme un carrefour. Député élu à Sikasso au sud en milieu sénoufo et origine du centre avec une famille métissée (dogon et peul) parlant plusieurs langues notamment dogon, peul, bambara et senoufo, je ne peux être qu’un pont entre les communautés de notre pays. 

Priscilla Wolmer
Directrice de la rédaction