Une nouvelle loi antiterroriste a été adoptée vendredi 25 juillet par le Parlement tunisien. Une réforme dans l'urgence alors que…

Tunisie : la loi antiterroriste fait débat

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Une nouvelle loi antiterroriste a été adoptée vendredi 25 juillet par le Parlement tunisien. Une réforme dans l'urgence alors que le pays est confronté à la violence terroristes. Impératif au regard de la menace selon certains et véritable menaces pour les libertés selon d'autres, le texte fait débat.

Trois jours de débats et des heures de pourparlers, le tout à huis clos, aura été nécessaire pour obtenir un consensus sur le texte. Au final, les députés ont approuvé cette loi sur "la lutte contre le terrorisme et le blanchiment d'argent" par 174 députés pour, 10 abstentions et aucun vote contre. Une (quasi) unanimité qui fait débat à la lecture de certaines dispositions. Introduction de la peine de mort pour une série de crimes terroristes, garde-à-vue sans assistance fixée à 15 jours, écoutes téléphoniques facilitées, ONG et sociétés civiles grimacent alors que l'opposition politique craint que nombre des dispositions votées soient détournées à des fins politiques. 

Ce texte remplace une loi antiterroriste de 2003, adoptée sous la dictature de Zine El Abidine Ben Ali et largement utilisée, selon les défenseurs des droits de l'Homme, pour réprimer l'opposition, en particulier le parti islamiste Ennahda alors interdit et aujourd'hui l'une des principales forces politiques tunisiennes. Loin de ces états d'âme, le président de l'Assemblée, Mohamed Ennaceur, a préféré saluer un "moment historique" qui "va rassurer le citoyen". Une déclaration faite devant les élus qui venaient de reprendre en coeur l'hymne national. Ce vote est intervenu dans un contexte de menace grandissante après les attaques en juin à Sousse (38 touristes tués) et en mars au musée du Bardo à Tunis (22 morts), revendiquées par le groupe État islamique.

Rédaction
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