Alors que l’OMS estime qu’il manque deux millions de professionnels de santé sur le continent africain, le développement des NTIC, et avec…

Télémedecine : un remède pour l'Afrique ?

Reportage

Alors que l’OMS estime qu’il manque deux millions de professionnels de santé sur le continent africain, le développement des NTIC, et avec elles la télémédecine, suscitent de nouveaux espoirs.

Insuffisance des médecins et des infrastructures, mauvaise répartition de l’accès aux soins, les enjeux liés à la santé sont importants en Afrique. Si l’accès aux soins s’est amélioré dans les grands espaces urbains, les difficultés persistent pour les communautés rurales. Les coûts importants occasionnés par les déplacements privent les populations les plus isolées d’une prise en charge adaptée. En ville, on souffre surtout du manque de spécialistes.

Face à ces constats, le développement de la télémédecine, véritable coopération médicale à distance, semble apporter quelques réponses. En mettant en relation des médecins de zones rurales avec des médecins de zones urbaines, elle pallie le manque de personnels et d’infrastructures. Et en encourageant la prise en charge des patients sur place, elle permet d’éviter les évacuations sanitaires et les hospitalisations inutiles en brousse. Cette pratique augmenterait ainsi l’efficacité de la médecine traditionnelle, tout en en réduisant les coûts.

 

Le Mali pionnier de la télémédecine en Afrique

Depuis 2003, année de création du RAFT (Réseau en Afrique francophone pour la télémédecine), un millier de professionnels interviennent dans près de vingt pays dans le monde.

Parmi eux, le Mali fait figure de pionner en matière d’e-santé. Dans ce pays, les premières applications datent de 1996 (avec la mise en place d’outils et de travail collaboratif) et en 2004, la Société malienne d’imagerie médicale (SOMIM) mettait en place IKON, un service qui se base sur les TIC pour le transfert et l’interprétation des images radiologiques prises dans les centres hospitaliers régionaux. Ailleurs sur le continent, des projets similaires sont menés : en Égypte par exemple, Orange a développé une solution de télé-dermatologie : les photographies et descriptions des symptômes sont transmises à une plateforme en ligne via le réseau mobile. Des dermatologues confirmés étudient ensuite ces cas et fournissent un diagnostic.

Au niveau de la formation des professionnels de santé, les NTIC se révèlent également être un outil pertinent. En Ouganda par exemple, un réseau a été crée en 2003 par  l’Uganda Chartered HealthNet et la faculté de médecine de l’Université Makerere. Ce réseau permet d’améliorer la qualité et l’accessibilité de l’information relative à la santé grâce à des terminaux mobiles peu onéreux.

Mettre les hautes technologies au service de la santé pour tous, cela nécessite toutefois de lever certains freins. Le premier est énergétique : en effet, l’une des difficultés réside dans  l’approvisionnement régulier et continu en électricité (pour recharger les batteries des téléphones mobiles, par exemple). Les autres freins sont d’ordre financier. Car l’équipement de tous les centres requiert d’importants investissements, sans lesquels la télémédecine et ses nombreuses applications ne resteront que très limitées.

Rédaction
Journaliste