L’opposant tchadien et candidat à la présidentielle Yaya Dillo, dont le domicile a fait l’objet de violents affrontements qui ont fait plusieurs morts et blessés selon les sources, a été exfiltré dimanche soir par des proches. Il est non seulement un membre de la communauté Zaghawa, comme le président Idriss Déby, mais il est aussi un neveu du chef de l’État.

Tchad

Tchad : chef rebelle, ministre puis opposant, retour sur le parcours de Yaya Dillo

L’opposant tchadien et candidat à la présidentielle Yaya Dillo, dont le domicile a fait l’objet de violents affrontements qui ont fait plusieurs morts et blessés selon les sources, a été exfiltré dimanche soir par des proches. Il est non seulement un membre de la communauté Zaghawa, comme le président Idriss Déby, mais il est aussi un neveu du chef de l’État.

C’est d’abord comme chef rebelle que Yaya Dillo  se fait connaître. Après la désertion de plusieurs dizaines de soldats tchadiens qui se sont regroupés dans l'est du pays, à proximité de la frontière soudanaise, il fonde en 2005 le Socle pour le changement, l’unité et la démocratie, le Scud,. Ce mouvement servira de base ensuite à ces deux oncles, Paul et Timan Erdimi dans leurs tentatives de renverser par les armes le président Déby. 

Lui  prend finalement  une autre direction, celui d'un retour à Ndjamena après un accord avec le régime. En 2008, il entre alors au gouvernement comme secrétaire d’Etat puis ministre des Mines, puis conseiller à la présidence… avant d’être nommé ambassadeur du Tchad auprès de la Cemac, la Commission économique et monétaire d'Afrique centrale.

Coup de théâtre en mai dernier : sur les réseaux sociaux, il s’en prend à la Première dame du Tchad  Hinda Déby Itno. Il s’interroge : pourquoi est-ce sa fondation qui gère une partie des fonds destinés à la lutte contre le Covid ? Yaya Dillo soupçonne des détournements. Accusé de diffamation, il est suspendu puis limogé en juillet de la Cemac. Le voilà officiellement opposant puis candidat à la présidentielle. 

Dans une vidéo sur sa page Facebook , il appelle alors les Tchadiens à dire « non à la fraude électorale » puis il a ces mots, qui prennent tous leur sens aujourd'hui, « il suffit de dire qu'il y a un problème au niveau de la gouvernance, on va porter atteinte à votre famille, vous détruire. »

Rédaction
Journaliste