Depuis que quelques célébrités holywoodiennes ont déclaré l'état d'urgence, peu nombreux sont ceux qui ont pris le parti de se rendre au Darfour pour évaluer la situation sur le terrain. Regrettable. Un peu plus d'une décennie après le début de violents combats qui ont ensanglanté cette région reculée du Soudan, celle-ci semble pourtant - petit à petit - renaître de ses cendres et retrouver une certaine sérénité. C'est ce dont témoignent en tout cas nombre de responsables et d'habitants d'el-fasher, capitale de la province du Darfour du Nord. reportage et témoignanges de ceux qui vivent cette réalité au quotidien.

Tous le monde est musulman, tout le monde est noir, tout le monde est arabe au Darfour !

Soudan : le Darfour en quête de sérénité

Depuis que quelques célébrités holywoodiennes ont déclaré l'état d'urgence, peu nombreux sont ceux qui ont pris le parti de se rendre au Darfour pour évaluer la situation sur le terrain. Regrettable. Un peu plus d'une décennie après le début de violents combats qui ont ensanglanté cette région reculée du Soudan, celle-ci semble pourtant - petit à petit - renaître de ses cendres et retrouver une certaine sérénité. C'est ce dont témoignent en tout cas nombre de responsables et d'habitants d'el-fasher, capitale de la province du Darfour du Nord. reportage et témoignanges de ceux qui vivent cette réalité au quotidien.

Loin du vacarme assourdissant des hélicoptères de la MINUAD stationnant à quelques kilomètres de là, le petit marché d'El-Fasher bat son plein en cette mi-journée. Au milieu des étals de viande, d'épices, de fruits et de légumes, seuls les enfants qui cavalent dans les allées viennent bousculer la fiévreuse indolence qui semble habiter les habitués des lieux. Ce marché-là ressemble à des millions d'autres à travers toute l'Afrique. Dans les ruelles poussiérueses, bordées de cahutes à l'apparence bien sommaire, aucune trace d'hommes armées. Ni soldats de l'armée régulière soudanaise, ni casques bleus des forces onusiennes. Quant à d'éventuels rebelles sanguinaires, ils ne paraissent tout simplement pas faire leur emplettes en ces lieux.

Nous vivons une vie simple. Clans, tribus, nous cohabitons ensemble. nos problèmes, nous les réglons entre nous. C'est notre manière de vivre depuis toujours et cela a toujours fonctionné ainsi

"Nous vivons une vie simple. Clans, tribus, nous cohabitons ensemble. nos problèmes, nous les réglons entre nous. C'est notre manière de vivre depuis toujours et cela a toujorus fonctionné ainsi" exlique l'un des principaux responsables de la ville qui occupe le rôle de médiateur entre les différentes factions. Les violences, personne ne les nie mais on évoque plus volontiers des "cas isolés" dramatiques qu'une véritable épuration ethnique. 

Nous sommes les vrais témoins de ce qui s'est passé et se passe encore au Darfour. Et ce depuis le tout début des troubles en 2003. Nous travaillons dur pour résoudre nos différents...

general darfour

58 condamnations à mort

Du côté des officiels, le son de cloche n'est guère différent. Alors que le Soudan est pointé du doigt par une partie de la communauté internationale pou son inaction au niveau judiciaire, le bureau du procureur affiche son malaise en même temps que ses résultats. Le procureur spécial au Darfour Yassir Ahmed Mohamed l'affirme : 

Notre justice n'est pas défaillante ! Dès le début des évènements, Khartoum a nommé une équipe sur le terrain pour enquêter et établir une Cour spécialeLes institutions fonctionnent au Darfour

Pour quel résultat ? "Nous avons présenté plus de cent cas devant la Cour de Justice. Parmi eux, il y avait des militaires en uniforme mais les rebelles vont et viennent, il n'est pas si évident de les attrapper." Et la justice se veut implacable.

Nous comptabilisons 58 sentences de peine de mort

Bureau du procureur du Darfour. @Rabah Seghir

 

Au quartier-général de la police, le positivisme est également de mise. C'est en tout cas ce qui ressort des propos du Général Magdi Ibrahim : "Les résultats sur le terrain sont asez encourageants. Les opérations de maintien de l'ordre portent leur fruits. il peut encore y avoir des violences sporadiques ici ou là mais globalement, nous parvenons à maintenir et à renforcer l'ordre."

Une paix fragile mais bien réelle qui trouverait sa plus aprfaite illustration par un point particulier. Ceux que l'on nomme les déplacés internes prennent progressivement le chemin du retour mais surtout "nous voyons arriver des réfugiés de Centrafrique, de Libye ou du Tchad. C'est bien la preuve que le Darfour est plus stable que d'autres régions voisines."

https://youtu.be/E9u11f5IBhg

"Soyez honnête ! "

Est-ce là un portrait idéalisé du Darfour ? Plutôt la réalité du moment. L'avocat Abdel Rahman Ibrahim ElKhalifa explique ainsi pour sa part que "la vie revient progressivement à la normale" dans la région et tient à effectuer une mise au point :

Tous les termes choquants comme génocide, ont été prononcés par des personnes qui ne connaissent rien au Darfour. La plupart n'y ont même jamais mis les pieds !

On nous a annoncé des chiffres incroyables, jamais les mêmes. Rien n'est jamais exact. Rien n'est jamais objectif. Rien n'est jamais honnête ! A commencer par les termes de guerre civile ou d'épuration ethnique. 

"Tous le monde est musulman, tout le monde est noir, tout le monde est arabe au Darfour ! Alors... il s'agit d'affrontements tribaux, horribles certes, mais rien de plus. C'est un problème très ancien. Il existait déjà à l'époque des Britanniques, qui en sont d'ailleurs les initiateurs. La médiatisation du problème n'a fait que complexifier la situation..." 

Un sentiment partagé par un certain nombre de chefs tribaux, dits rebelles, rencontrés à El-Fasher qui, en préambule, préviennent : 

Vous devez être honnête avec vous-même avec la mission que vous vous êtes assignés en venant ici !

 

Chefs de tribus au Darfour

 

Difficile de na pas ressentir un certain sentiment de défiance à l'encontre du journaliste comme de l'Occidental. Explication : "Certains utilisent nos difficultés pour asseoir leurs propres intérêts. Nousavons vécu des temps vraiment difficiles qui ont eu de graves répercussions sur la communauté mais, depuis quelques années maintenant, la région vit une périoide de stabilité. tout n'est pas réglé mais chacun tente, à sa manière, de contribuer au retour complet de la paix".

         Darfour

 

L'activité de la communauté internationale ? Elle laisse de marbre ou provoque, tout au plus, un léger sourire sur les visages de ces représentants qui, comme certains villageois avant eux, réclament surtout "des vivres, des soins ou des financements, pas des militaires".

Lycéens au Soudan

Tout en précisant "qu'avant de nous aider, demandez-nous ce que nous souhaitons."

Enfants au Soudan

Et l'un des chefs provoquant l'acquissement général de l'assemblée d'ajouter : "si vous voulez nous aider, vous les étrangers, les Européens ou les autres, cessez d'armer nos garçons ! Ne les militarisez pas !"

 

Herve Pugi
Journaliste