L’Afrique sonne ! L’Afrique vibre ! L’Afrique tourbillonne au rythme de ses smartphones ! Une tendance lourde sur le continent qu’il…

Analyse

Smartphones : "Afrique, tu m'entends ?"

L’Afrique sonne ! L’Afrique vibre ! L’Afrique tourbillonne au rythme de ses smartphones ! Une tendance lourde sur le continent qu’il convient de décrypter avec un spécialiste, Karim Koundi, associé Deloitte Tunisie en charge de l’industrie technologies, médias et télécommunications (TMT) pour l’Afrique francophone.

L’Afrique coupée du monde ? Il faut oublier ! Karim Koundi a un message et celui-ci passe sans interférence : « l’Afrique, par ses sauts technologiques, s’inscrit dans la mondialisation ». Un léger détail que l’on oublie trop souvent… Clairement, le continent africain est connecté et devrait l’être plus encore dans les prochaines années. Avec 15 % de taux de pénétration de smartphones, l’expert de la société Deloitte se veut catégorique : « au niveau mondial, l’Afrique, malgré de nombreuses disparités, connaît la croissance la plus rapide ! »

Comment expliquer cela ? Le spécialiste tunisien a son avis. Certains facteurs s’imposent d’eux-mêmes dans l’analyse : « un taux de couverture télécom qui s’étend, un contexte macroéconomique qui s’y prête (25 pays sur les 54 du continent présentent une croissance oscillant entre 8 et 15 %) mais aussi, et surtout, l’émergence d’une classe moyenne à laquelle s’ajoutera plus de 100 millions de personnes d’ici 2020. »

On ajoutera à cela deux points cruciaux. D’une part, Karim Koundi l’affirme : « il y a un marché africain de la téléphonie avec des tarifs en baisse. On peut aujourd’hui avoir un smartphone low cost pour 25 ou 30 dollars qui est adapté au marché africain. » Voilà qui fait les affaires des Samsung, Huawei mais aussi Microsoft/Nokia qui s’imposent par une politique pensée pour le continent.

 

En attendant les tabphones…

Une tendance lourde qui se ressent nettement à en croire notre spécialiste qui estime qu’en termes d’équipements technologiques plus que les PC, les consoles de jeux ou les télévisions HD, l’avenir appartient assurément aux « smartphones mais aussi et surtout aux tabphones ». Un autre saut technologique notable car, très clairement, on se dirige vers un modèle de tabphone « qui permettra de répondre à toutes les attentes et plus encore. Un pays comme le Kenya peut ainsi se prévaloir de voir 30 % de son PIB se faire via des transactions par paiement mobile. Notre smartphone est aujourd’hui un porte-monnaie et tant d’autres choses à la fois… »

De fait, si le marché africain profite aux multinationales, celui-ci profite également aux Africains eux-mêmes. Des applications, sites et autres programmes 100 % Afrique fleurissent ici ou là ! Pour autant, reste à régler la question de la disparité de l’accès à la connexion. Sur ce point, Karim Koundi est clair : « À l’heure actuelle, les pays côtiers sont clairement mieux desservis. Les câbles sous-marins réduisant les coûts télécom y sont pour beaucoup. Les pays de l’Afrique de l’Ouest, du Maghreb ou le Kenya en profitent largement. Tout comme l’Afrique du Sud, pour d’autres raisons. En revanche, des États comme le Tchad, le Niger, une partie du Mali et quelques autres en Afrique centrale doivent faire face à des coûts élevés. C’est un frein. » Un frein qui devrait rapidement sauter. Car l’Afrique, berceau de l’Humanité, est clairement – démographie oblige – son futur ! Un futur assurément plein de TIC et… de coups de téléphone ...

Rédaction
Journaliste