Six morts et trois blessés dans les rangs de la Garde nationale

La Tunisie frappée par une opération terroriste

Des patrouilles de la Garde nationale et de l’armée ont déjà entamé des opérations de ratissage.  Des opérations qui ont permis de retrouver le véhicule sécuritaire qui a été volé par les éléments terroristes après l’attentat. Selon la chaîne privée Nessma, les terroristes se sont emparés, par ailleurs, de l’ensemble des armes à feu qui étaient à bord du véhicule retrouvé avant de prendre la fuite.

La Tunisie a connu, le 8 juillet 2018, une opération à caractère terroriste qui a fait six morts et trois blessés dans les rangs d’agent de la Garde nationale (gendarmerie). L’opération s’est déroulée aux alentours de 11 H 45 minutes dans la région montagneuse du village d’Aïn Soltane, situé dans la délégation de Gardimaou dans le gouvernorat  de Jendouba (207 kilomètres de Tunis), à l’Ouest du pays (frontière de l’Algérie). Il s’agit d’un guet-apens au cours duquel des mines ont été utilisés par les éléments terroristes.

Les dépouilles des six martyrs de la Garde nationale ont été transportés à l’hôpital de Jendouba où de nombreux citoyens se sont rendus. Des  agents blessés ont été transportés également à ce même hôpital où l’un d’entre eux  a subi une opération chirurgicale.

Des patrouilles de la Garde nationale et de l’armée ont déjà entamé des opérations de ratissage.  Des opérations qui ontpermis de retrouver le véhicule sécuritaire qui a été volé par les éléments terroristes après l’attentat. Selon la chaîne privée Nessma, les terroristes se sont emparés par ailleurs de l’ensemble des armes à feu qui étaient à bord du véhicule retrouvé avant de prendre la fuite.

Pour l’heure, et outre le deuil des Tunisiens qui ont été attristés par la mort des six agents de la Garde nationale, on cherche à savoir comment cela est arrivé. Intervenant sur la chaîne Nessma, le rédacteur en chef du quotidien "Assahafa Al Yom" (La presse Aujourd’hui) a mis en évidence "la confusion créée par le limogeage et la nomination, il y a près d’un mois, de plusieurs cadres sécuritaires". Des  nominations présentées comme entrant "dans le cadre d’un mouvement destiné à combler les postes vacants".

Craintes pour la saison touristique

Des nominations consécutives au limogeage, le 6 juin 2018, de l’ancien ministre de l’intérieur, Lotfi Brahem. Un limogeage consécutif au naufrage d’un bateau de migrants aux larges des îles de Kerkennah, début juin 2018, qui a fait plus de 80 morts.

Le ministère de l’intérieur a indiqué, cela dit, dans un communiqué, publié le 8 juillet 2018, que "certains médias ont tenu à faire relayer des informations en mesure de perturber les efforts déployés par les unités sécuritaires et militaires pour traquer les éléments terroristes et mettre en échec leurs plans sanglants".
 

Le même communiqué a indiqué que le ministère de l’intérieur "appelle l’ensemble des médias et des tunisiens à assumer leurs responsabilités patriotiques et à mettre à l’abri l’institution sécuritaire de toute altération en mesure de perturber l’accomplissement de la mission dont elle est chargée, selon les règles de l’art".

Des craintes se font également sentir quant à la saison touristique. Et ce, à l’heure où le pays connaît une grave crise économique. Plus de 3 millions de vacanciers ont, selon des sources officielles, visité la Tunisie au cours du premier trimestre 2018 (soit une augmentation de 26% par rapport à la même période de l’année 2018).

La dernière opération en date concerne l’assassinat, fin juin 2018, par des éléments terroristes, dans le mont Chaâmbi, dans le gouvernorat de Kasserine, à l’Ouest du pays,  d’un berger qu’ils ont torturé et dont ils ont mutilé une partie du nez parce qu’il a refusé de collaborer avec eux.

L’opération n’a pas été revendiquée. 

Mohamed Gontara
Journaliste - Correspondant en Tunisie et dans le reste du Maghreb