Selon des statistiques établies par le ministère de la santé, le nombre des suicidés a été en 2015 de 365. Un suicidé par jour. Et 3,4 cas…

Signe d’un « mal-vivre » évident

Sept nouveaux suicides en Tunisie

Selon des statistiques établies par le ministère de la santé, le nombre des suicidés a été en 2015 de 365. Un suicidé par jour. Et 3,4 cas de suicides pour 100 000 habitants. Avec une moyenne d’âge de 37,9 ans.

Le  mois de juin 2017 a apporté son lot de suicide : 7,  et pour seulement la troisième semaine du mois, si l’on croit le triste et macabre   bilan établi par des journaux tunisiens.  Des suicides qui ont touché six régions différentes du pays et notamment des jeunes. .

Tus sans doute –du moins en partie-  avant la révolution du 14 janvier 2011, les suicides font l’objet de beaucoup d’informations et d’intérêt  notamment de la part des responsables ainsi que celui de la communauté scientifique et de la société civile.

Peur, violence, insécurité et frustrations

Selon des statistiques établies par le ministère de la santé, le nombre des suicidés a été en 2015 de 365. Un suicidé par jour. Et 3,4 cas de suicides pour 100 000 habitants. Avec une moyenne d’âge de 37,9 ans.

Le nombre des suicides et tentatives de suicides n’était que de 203 en 2014 selon le Forum Tunisien pour les Droits Economiques et Sociaux (FTDES), une ONG de défense des droits économiques et sociaux.

Une Commission technique pour la lutte contre le ‪suicide au sein du ministère de la santé veille au grain et étudie le phénomène. Avec à son actif de nombreuses rencontres scientifiques et autres. Des rencontres qui mis en exergue l’importance supposée du phénomène et ses explications.

Pour de nombreux analystes l’explication principale serait un certain « mal-vivre » pour une partie de la population face au climat de peur, de violence, d’insécurité et de frustrations nés  de la révolution.

Bien loin cependant de la moyenne mondiale

Les années qui ont suivi cette dernière ont été marquées par une augmentation du nombre de consultations dans les services de psychiatrie : 20% au cours des premiers mois de 2011 à l’Hôpital d’El Razi de psychiatrie, situé dans les environs de Tunisie. Le nombre des anxiolytiques et des antidépresseurs aurait  fait également un grand bon en avant.

L’augmentation du nombre de suicidés s’explique, dans ce cadre, par « les conditions socio-économiques », expliquait notamment la professeure Rym Ghachem Attia, psychiatre, psychothérapeute et chef de Service au sein de l’hôpital El Razi, à La manouba (environs de Tunis, le 25 mars dernier, à l’agence Tunis Afrique Presse.

Outre l’augmentation du nombre de chômeurs (le nombre des chômeurs diplômés de l’enseignement supérieur est passé de  15% en 2005 à 31% au cours des cinq dernières années), les années qui ont suivi la révolution ont connu de nombreuses fermetures d’établissements.

Le satanisme est-il pour quelque chose dans l’augmentation du nombre de suicides dans le pays ? La presse l’a évoqué un temps le 17 juin dernier, lorsque Sami s’est suicidé à El-Mourouj, dans la banlieue sud de Tunis. Ce dernier était un ami de Sarra, une autre suicidée (en novembre 2016)  de la même localité, qui serait liée à une secte satanique. Le rapport entre ces suicides et l’existence d’une secte satanique a été tant de fois démenti.

Faut-il pour autant exagérer le phénomène. On n’oublie pas en Tunisie de le faire en soulignant que nous sommes bien loin de la moyenne mondiale des 11 cas de suicides pour 100 000 habitants.

Mohamed Gontara
Journaliste - Correspondant en Tunisie