"Au nom de la paix et de la stabilité et après en avoir longuement discuté avec plusieurs personnalités tant politiques, de la société civile, mais aussi de différentes obédiences religieuses du pays, Cheikh Serigne Abdou Mbacké a demandé à Ousmane Sonko de déférrer à la convocation du juge" et Ousmane Sonko a écouté son ami et s'y est rendu. Cela suffit à analyser que la parole du Khalife de la famille de Serigne Cheikh Khady Mbacké est importante et qu'au Sénégal, ilôt de stabilité en Afrique de l'Ouest, la parole religieuse compte énormément. Quelques rappels de l'histoire permettront de comprendre le parcours de cet ambassadeur de la paix, connu pour sa modestie et son sens du devoir.

Les Mourides, une communauté qui pèse sur l'échiquier politique sénégalais

Sénégal : Serigne Cheikh Abdou Mbacké, parcours d'un chef religieux

"Au nom de la paix et de la stabilité et après en avoir longuement discuté avec plusieurs personnalités tant politiques, de la société civile, mais aussi de différentes obédiences religieuses du pays, Serigne Cheikh Abdou Mbacké a demandé à Ousmane Sonko de déférrer à la convocation du juge" et Ousmane Sonko a écouté son ami et s'y est rendu. Cela suffit à analyser que la parole du calife de la famille de Serigne Cheikh Khady Mbacké est importante et qu'au Sénégal, ilôt de stabilité en Afrique de l'Ouest, la parole religieuse compte énormément. Quelques rappels de l'histoire permettront de comprendre le parcours de cet ambassadeur de la paix, connu pour sa modestie et son sens du devoir.

Khalife de la famille de Serigne Cheikh Khady Mbacké

Le mouridisme est une confrérie soufie musulmane née au Sénégal dans la deuxième moitié du XIXème siècle.

Ahmadou Bamba, fondateur du mouridisme.

Cheikh Ahmadou Bamba (1853-1927), son fondateur est le grand-frère de Mame Thierno Birahim Mbacké, lui même grand-père de Serigne Cheikh Abdou Mbacké, fils de Baye Cheikh Khady Mbacké.

Mame Thierno Birahim MbackéBaye Cheikh Khady Mbacké

 

La naissance de la mouridya que l’on appelle aujourd’hui le mouridisme est le fruit de sa famille. Une idéologie qui a toujours préconisé le travail et la prière. La confrérie mouride joue un rôle religieux, économique et politique de premier plan au Sénégal. Son chef spirituel est consulté par les politiciens de tous bords.

Elhadji Falilou Mbacké, le deuxième calife, a ouvertement soutenu Léopold Sédar Senghor, de confession chrétienne, premier président du Sénégal indépendant.

Serigne Abdoul Ahad Mbacké, troisième calife, a vigoureusement soutenu Abdou Diouf à la présidentielle de février 1988.

Si en 2012, Serigne Cheikh Abdou Mbacké soutenait le président Macky Sall, 10 ans plus tard, il soutient clairement Ousmane Sonko et sa parole est écoutée par environ 2 à 3 millions d'adeptes au Sénégal et davantage encore auprès de la diaspora mourides qui a migré en Europe, notamment en Italie ou encore aux Etats-Unis. Un poids considérable pour un pays de plus de 17,74 millions d'habitants.

Les Mourides, acteurs culturel et économique incontournables

Si aujourd'hui, on retrouve la communauté autant dans le secteur du commerce informel à Dakar, que dans les zones rurales et plus particulièrement à Touba, la capitale et ville sainte des Mourides, force est de constater qu'il y a un lien indéfectible qui unit la pensée Mouride, c'est l'amour de la collectivité. Un trait de caractère inhérent au calife Serigne Cheikh Abdou Mbacké. Ses amis le décrivent comme altruiste. En effet, en bon mouride, il possède un attachement très fort aux notions d'entraide et de solidarité, notamment pour developper les sept communes du département de Kébémer, dans sa région, Louga. Et il sied de rappeler l’édification du chemin de fer entre Diourbel et Touba, financé sur leurs fonds propres.

Serigne Cheikh Abdou Mbacké, digne héritié de la mouvance Mouride, a toujours considéré la prière et le travail comme des éléments stabilisateur de l'âme. C'est ainsi qu'une large partie de la communauté mouride gère l'exploitation des domaines forestiers dans le bassin arachidier du Sénégal et occupent de vastes terres. Rien de bien étonnant, alors, à ce que Serigne Cheikh Abdou Mbacké soit agriculteur de profession à Darou Mousty.

Au-delà du souci de former un ordre religieux (confrérie), Cheikh Ahmadou Bamba s’est avant tout soucié de ce que doit être le musulman, de ce qui constitue généralement sa vie spirituelle, des devoirs qui lui incombent dans les diverses circonstances de sa vie

"Au-delà du souci de former un ordre religieux (confrérie), Cheikh Ahmadou Bamba s’est avant tout soucié de ce que doit être le musulman, de ce qui constitue généralement sa vie spirituelle, des devoirs qui lui incombent dans les diverses circonstances de sa vie" rappelait Serigne Khadim Mbacké lors d’une conférence tenue à Darou Mousty (Sénégal) le 14 février 2007.

En clair, Serigne Cheikh Abdou Mbacké, héritier directe des fondateurs du mouridisme, plus qu'un chef religieux est un homme dont la parole pèse lourdement sur la stabilité du pays. À bon entendeur.

Priscilla Wolmer
Directrice de la rédaction