Trouver les moyens nécessaires pour exécuter le budget de l’État 2018, procéder à un remaniement partiel du gouvernement et réussir les…

Rentrée politique bien chaude pour Youssef Chahed

Les trois dossiers épineux du Chef du gouvernement tunisien

Trouver les moyens nécessaires pour exécuter le budget de l’État 2018, procéder à un remaniement partiel du gouvernement et réussir les municipales de décembre 2017 : Youssef Chahed a beaucoup de pain sur la planche.

La rentrée politique risque d’être bien chaude pour le Chef du gouvernement tunisien, Youssef Chahed. Lundi 4 septembre 2017, le Premier ministre devra solutionner de nombreux dossiers bien épineux.

À commencer par celui d’imaginer une loi des finances pour l’année 2018 qui essayera de trouver les financements nécessaires pour exécuter un budget de l’État qui souffre d’une économie en panne. D’autant plus que certains estiment que ce budget pourrait être de 13  milliards de dinars (4,4 milliards d’euros) en 2018. La Tunisie a été amenée à recourir à un prêt de 1249 millions de dinars (457,2 millions d’euros) pour payer les salaires.

Le 1er septembre 2017 coïncide avec la fête de l’Aïd El-Kébir (fête du sacrifice). Et les fonctionnaires bénéficient de trois jours de congés.

"Il ne sera jamais question de les céder au privé"

L’État devra-t-il procéder au plus vite à des privatisations ? Certes. Mais Youssef Chahed a été averti, le 25 août 2017, par le Secrétaire Général de l’Union Générale Tunisienne du Travail (UGTT), Nourreddine Taboubi. "Quels que soient les problèmes financiers dont souffrent les entreprises publiques, il ne sera jamais question de les céder au privé", a grondé ce dernier.

L’agence de notation américaine Moody’s a abaissé, le 20 août 2017,   la note souveraine tunisienne de crédit aux dettes à long terme de Ba3 à B1 avec perspectives négatives.

Youssef Chahed devra également procéder à un remaniement partiel du Gouvernement d’Union Nationale (GUN) qu’il dirige depuis août 2016. En raison du départ de trois ministre : celui de l’Education national, celui des Finances, enfin, celui de l’investissement et de la coopération internationale.

Un partage des portefeuilles au prorata des scores électoraux

Un remaniement qui occupe une bonne partie des débats en Tunisie. En raison de la volonté des deux partis majoritaires à l’Assemblée des Représentants du Peuple (ARP, le Parlement), Ennahdha (69 députés sur 217) et Nidaa Tounes (67 députés), de procéder à un partage des portefeuilles au prorata des scores électoraux.

Ce qui n’est pas de l’avis des sept autres partis et trois organisations socioprofessionnelles qui constituent le GUN. Or, le Chef du gouvernement a besoin d’une véritable union nationale pour redresser l’économie.

Dernier dossier importants pour cette rentrée politique pour Youssef Chahed : mener à bien les élections municipales du 17 décembre 2017. Certes, l’organisation de ces élections est l’affaire de l’Instance Supérieure Indépendante des Elections (ISIE). Mais l’Etat joue cruciale pour doter cette dernière des moyens de logistique, dont la sécurité, pour permettre à cette dernière de faire réussir un rendez-vous important.

Le gouvernement  devra, par ailleurs, rattraper le retard d'approbation de la loi des collectivités locales et les Tribunaux Administratifs.

La Tunisie, considérée comme la seule réussite du Printemps arabe, devra couronner grâce aux Municipales de 2017 ses efforts en vue de démocratiser tout l’édifice politique mis en place depuis la révolution du 14 janvier 2011.  

  

Mohamed Gontara
Journaliste - Correspondant en Tunisie