Le directeur de cabinet du chef de l’Etat congolais est incarcéré à la prison centrale de Makala, et son parti, l’Union pour la Nation…

Congo - Kinshasa

RDC : Vital Kamerhe en prison

Le directeur de cabinet du chef de l’Etat congolais est incarcéré à la prison centrale de Makala, et son parti, l’Union pour la Nation congolaise, dénonce un « règlement de compte », pointe en Une Le Courrier de Kinshasa. Lequel quotidien trouve « inquiétantes » les « ampleurs » que prend cette affaire, et rapporte le commentaire d’un « communicateur » de l’UNC affirmant que « les gens ne veulent pas voir leur leader comme président de la République en 2023 ».

De son côté, l’avocat de Vital Kamerhe va plus loin en dénonçant l’intervention d’une « main noire » dans cette affaire. Me John Kaboto, c’est le nom du défenseur de Vital Kamerhe, martèle que le dossier est « politique » et non « purement judiciaire », rapporte le site Media Congo. 

A quoi l’UDPS répond qu’il ne faut pas « politiser un dossier judiciaire », relève en écho CAS Info. « Les faits reprochés à Vital Kamerhe sont pénaux, ça n’a rien avoir ni avec l’Udps, ni avec notre coalition Cach », a dit hier le porte porte-parole du parti présidentiel, cité notamment parle le site du Centre d’Analyse et de Stratégies à Kinshasa.

La plateforme d’opposition Lamuka, appelle également les acteurs politiques locaux à la prudence :

C’est ce que signale notamment Radio Okapi. Lamuka demande à la justice de « travailler en toute indépendance » dans cette affaire.

Et La Prospérité n’écrit pas autre chose. « Que la vérité triomphe, rien que la vérité », clame ce journal congolais. La Prospérité appelle donc la justice à être « indépendante, équitable et équilibrée » lors de l’examen des rôles de chaque personne citée dans « le vaste détournement des fonds », énonce ce quotidien.

En tout cas, au Burkina Faso, pour le quotidien Le Pays, c’est tout vu. « S’il y a bien des gens dont il faut se méfier à cause de leur duplicité, ce sont les hommes politiques pour qui, seule la fin justifie les moyens », tranche, définitif, ce journal ouagalais, même si, admet-il, Vital Kamerhe « bénéficie de la présomption d’innocence ».

En Côte d’Ivoire, la libération annoncée de 2 004 prisonniers est d’une ampleur insuffisante pour soulager la pression du système carcéral :

« Ça n’est pas assez », dit au quotidien français Libération le président de l’Observatoire des lieux de détention. Paul Angaman, c’est son nom, explique en effet qu’en février, on comptait « 21 000 prisonniers pour 8 000 places disponibles » en Côte d’Ivoire. Selon lui, « une telle promiscuité rend impossible la distanciation sociale ou le lavage régulier des mains préconisés par le gouvernement, et cela ne changera pas avec 2 000 prisonniers en moins ».

Libération, avant-hier, a accompagné à la maison d’arrêt d’Agboville l’épouse du député Alain Lobognon, où ce proche parmi les proches de l’ex-président de l’Assemblée nationale Guillaume Soro, aujourd’hui réfugié en France, est incarcéré pour tentative présumée d’atteinte à l’autorité de l’Etat.

Amira Lobognon dit à Libération « avoir déboursé un million de francs CFA (1 500 euros) pour améliorer le quotidien de son mari », qui a connu trois lieux de détention depuis son arrestation le 23 décembre, faisant refaire la plomberie, un sanitaire, une douche, le toit qui fuyait, plus l’achat d’un lit et l’installation d’une moustiquaire.

Mais le coronavirus ne change rien pour Alain Lobognon et ses autres camarades politiques, la mesure de libération des prisonniers ivoiriens ne concerne que des détenus de droit commun ou en fin de peine et Alain Lobognon « reste en prison  », souligne Libé, alors que les visites médicales y sont « un luxe », le personnel soignant pénitentiaire étant « aussi rare que l’attention portée à la santé des détenus », dénonce Libération, qui compare les lieux de détention en Côte d’Ivoire à des « bombes sanitaires ».

avec AFP

Beni Kinkela
Journaliste et correspondant en RDC