Vital Kamerhe Lwa Kanyinginyi Nkingi, directeur de cabinet du chef de l’État a entamé depuis le 29 avril, sa quatrième semaine à la prison centrale de Makala. Les demandes de mise en liberté provisoire effectué par ses avocats ont été rejetées.

Congo - Kinshasa

RDC : Vital Kamerhe, acharnement ou ralentissement de l'appareil judiciaire ?

Vital Kamerhe Lwa Kanyinginyi Nkingi, directeur de cabinet du chef de l’État a entamé depuis le 29 avril, sa quatrième semaine à la prison centrale de Makala. Les demandes de mise en liberté provisoire effectué par ses avocats ont été rejetées.

Cité à comparaître, le 8 avril, au parquet général prêt la cour d’appel de Kinshasa/Matete qui enquêtait sur les détournements de fonds publics alloués au programme d’urgence de 100 jours du chef de l’État. En dépit de son état de santé, Vital Kamerhe est toujours à Makala et effectuera dans une poignée de jours son premier mois au centre pénitentiaire de Kinshasa.

Contacté par le média kinois Grandjournalcd.net, le porte-parole de l’UNC n’a pas souhaité réagir sur le dossier. Pour certains analystes politiques, "l’hypothèse d’un acharnement prend de plus en plus de forme dans ce dossier ". Pour d'autres, la crise sanitaire que le monde traverse et qui oblige chaque pays à observer un confinement réduit de facto, les activités. 


Pour rappel, le samedi 11 avril 2020, lors de sa dernière comparution, Vital Kamerhe aurait même cité les auteurs
des différents projets hérités du gouvernement Tshibala. À ce jour, quelques membres de cet ancien gouvernement ont été entendus par le parquet et sont rentrés chez eux, pour l'heure, sans suite.

Sur la demande de liberté provisoire faite par les avocats de Vital Kamerhe, la chambre de conseil du parquet général de Kinshasa/Matete a rejeté à deux reprises ces demandes, et a placé le premier collaborateur du président Tshisekedi en détention provisoire de 15 jours en date du samedi 11 avril dernier, à la suite de son interpellation trois jours plus tôt, à l’issue d’une audition musclée du parquet.

Certains pensent qu’ayant reçu une citation à comparaître, Vital Kamerhe devrait recevoir une communication de la part du magistrat instructeur. Au lieu d’une communication, il a été auditionné puis transformé en inculpé sur le champ, et a même été placé sous mandat d’arrêt provisoire, le justifiant par l’existence d'indices sérieux de culpabilité ainsi qu’une série de confrontations avec plusieurs personnes sur le même dossier. Et la notion du doute raisonnable ?

D’autres Congolais se focalisent sur le choix du parquet général près de la cour d’appel de Kinshasa/Matete fait par le vice-premier ministre, ministre de la justice et garde des sceaux, Célestin Tunda Ya Kasende. En effet, en choisissant le parquet de Kinshasa/Matete en lieu et place de celui de Kinshasa/Gombé territorialement compétent. Négligence volontaire ? La question se pose étant donnée que Vital Kamhere réside à la Gombé.

En ces temps de pandémie où le Covid-19 frappe davantage les populations carcérales, c'est à se demander qui en veut autant à Vital Kamhere pour l'exposer à de telles conditions de confinement. Affaire à suivre.

Beni Kinkela
Journaliste et correspondant en RDC