Dans une interview accordée à 54 États, l'artiste musicien suédois-congolais, Mohombi a soulevé quelques points qui freinent le développement de la sphère culturelle en RDC et par extension, l'épanouissement des artistes musiciens. Selon Mohombi, les pays africains devraient mettre en place des mécanismes pour permettre aux musiciens de bénéficier de leurs œuvres.

La sphère culturelle asphyxiée

RDC : Entretien avec l'artiste musicien Mohombi

Dans une interview accordée à 54 États, l'artiste musicien suédois-congolais, Mohombi a soulevé quelques points qui freinent le développement de la sphère culturelle en RDC et par extension, l'épanouissement des artistes musiciens. Selon Mohombi, les pays africains devraient mettre en place des mécanismes pour permettre aux musiciens de bénéficier de leurs œuvres.

54 ETATS : Mohombi vous êtes dorénavant grande Star, vous jouissez dune notoriété internationale incontestable dans le monde de la musique, quel est donc vôtre secret ? 

MOHOMBI : Le secret du succès moi je ne pense pas qu'il y a un secret par rapport au succès, plutôt un engagement que l'on se fait vis-à-vis de soi-même. Il faut se permettre de se donner le privilège de prendre le défis dans sa vie d'atteindre ses objectifs en comprenant que c'est une grande victoire. Mais ce plusieurs batailles au quotidien. Je pense que pour moi personnellement ça été de ne jamais laisser tomber la vision que j'ai du départ et de toujours m'accrocher à des rêves et de mes objectifs. Pas de mettre les gens au dos, puisque finalement la manière dont on traite les gens reflètent aussi la manière dont on se traite soi-même. Voilà ma réflexion par rapport au succès.

54 ETATS : Depuis un certain temps vous avez préféré vous installer en République démocratique du Congo, pourquoi ce choix ? 

MOHOMBI : Je suis revenu m'installer en RDC le jour où j'ai réalisé être important ce bien. Mais se rendre utile c'est encore mieux. J'ai senti que la place au monde pour l'instant je peux me rendre plus utile, c'est ici chez moi parceque l'on est toujours mieux chez-soi finalement. Je suis venu porter ma contribution. Ce pour inspirer d'autres à faire ainsi. Chacun dans sa sphère d'influence dans un moment donné contribue pour que notre pays devienne ce qu'on veut qu'il devienne.

Mohombi

54 ETATS : Que pensez-vous quand certains  grands artistes afro-américains estiment qu'en Afrique il est difficile de s'en sortir dans le monde de musique ?

MOHOMBI : A ce que je sache beaucoup des artistes afro-américains rêveraient de venir en Afrique et passer plus de temps. La raison pour laquelle ce difficile pour beaucoup d'artistes africains d'avancer comme ils méritent de le faire, c'est plutôt relier à l'industrie. Nous sommes malheureusement à un stade artisanal dans le secteur culturel dans beaucoup de pays africains. Certains pays ont évolués plus rapidement que d'autres. Je pense que ce défis colossal fait partie justement des défis que je me suis donné par rapport à mon retour au pays.

54 ETATS : Avez-vous souvent l'habitude de côtoyer, d'échanger ou d'interagir avec certains artistes congolais sur la musique, si oui il s'agit de qui ? 

MOHOMBI : Ceux qui connaissent Mohombi sachent que je suis quelqu'un qui aiment les gens. Moi quand il s'agit de côtoyer d'autres artistes je suis toujours ouvert. Ma porte est ouverte, mes bras sont ouverts. Ce comme ça toujours comme j'ai été. Si je dois citer des artistes congolais qui me sont proches et que je considère la liste sera très longue. Des artistes bien établis comme des artistes moins établis. Je suis l'homme de tout le monde.

54 ETATS : Quel regard portez-vous sur l'évolution de la musique en RDC ? 

MOHOMBI : En ce qui concerne la musique en RDC, je pense que tout le monde sait ce qu'il peut. Tout le monde essaie de s'évoluer, c'est un peu le but. On essaie tous chaque fois de devenir de meilleurs versions de nous-même en tant qu'artiste. Et proposer de la musique chaque fois meilleure. Le défis est grand dans le sens où, il faut mettre en place des mécanismes qui font en sorte que les artistes ainsi que les créateurs dans toutes les disciplines culturelles confondues puissent se retrouver et vivre de leur métier. Parce qu'il ne faudrait pas oublier que la culture reste le grand pilier soit le coeur de  l'identité congolaise. L'évolution c'est un grand défi que je me suis donné et  j'espère que beaucoup de mes collègues dans ce métier culturel de donnent aussi.

Mohombi 2

54 ETATS : Vous êtes également vice-président de l'administration des droits d'auteur au Congo ADACO en sigle, quelle innovation qu'apporte votre institution au regard des autres préexistantes ? 

MOHOMBI : Effectivement l'ADACO a été créée non seulement pour représenter des créateurs d'art et leurs propriétés intellectuelles. Mais aussi de pousser à ce que nous ayons des réformes culturelles en ce qui concernent le droit d'auteur dans le pays. Parce qu'aujourd'hui, il n'existe aucune structure qui remplie les conditions au niveau international pour avoir justement un échange. Cette réciprocité n'existe pas aujourd'hui dans l'échange et dans la récolte de fonds et récolte des recettes des droits d'auteur dans le monde. Donc aujourd'hui c'est impossible, nous avons vraiment un grand challenge par rapport à ça. Il faut absolument à mon avis décentraliser et rendre ça libre d'après tout l'art est une expression libre et le droit d'auteur est un droit humain. A partir du moment où nous ne serons en mesure de comprendre cela,  nous ne pourrions pas évoluer. Il ne faudrait pas oublier que le droit d'auteur reste quand-même une recette intéressante et importante dans l'économie d'un pays. Nous pouvons contribuer en tant qu'artiste afin que nous puissions le faire pour que le secteur culturel puisse contribuer dans la caisse de l'état. Les choses doivent changer.

54 ETATS : Est-ce que l'ADACO est affiliée aux réseaux de sociétés d'auteurs dans le monde ? Par exemple la Confédération internationale des sociétés d’auteurs et compositeurs (Cisac).

MOHOMBI : L'ADACO est la seule administration des droits d'auteurs en RDC reconnue par la Cisac donc si vous voyez dans le rapport de la Cisac il n' y a que l'ADACO qui représente la RDC et ça c'est un bon signe. Cela montre que nous avons des bonnes relations à l'international et qu'il suffit juste d'un accompagnement au niveau des institutions publiques concernées afin que nous puissions faire le travail nécessaire pour améliorer la vie et le quotidien de tous les créateurs en RDC.

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54 ETATS : Une question joker de l'interview pensez-vous un jour faire la politique au Congo ? Car, ces derniers temps vos publications dans des réseaux sociaux font état d'éveil de conscience politique.

MOHOMBI : En tant que citoyen qui excellent excellent dans la société civile, je pense que ce nécessaire aussi de la booster. Il faut un équilibre, il faut un contrepoids. Par rapport à la politique, la société civile doit servir de contrepoids et cela que moi je me positionne. Je suis un homme du peuple ce n'est pour autant de ne pas s'intéresse. Si on ne s'occupe de la politique et la politique s'occupera de vous. Donc tout citoyen doit savoir ce qui se passe dans son pays, c'est notre devoir.

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54 ETATS : En vous lisant sur des réseaux sociaux vous considérez le secteur de l'agriculture comme gage qui pourra déclencher le développement de la RDC ? Pourquoi seulement l'agriculture et non les mines. 

MOHOMBI : Effectivement je pense que l'agriculture est un secteur clé pour le développement de notre chère patrie. Je l'ai écrit sur des réseaux sociaux en disant que c'est l'agriculture qui nous sortira de la famine et pas les mines. Par-là je voulais simplement dire qu'il faut regarder dans l'histoire ce que les mines nous ont rapporté dans ce pays. Les substances minérales ont été à la base de  beaucoup de guères et beaucoup d'atrocités. Justement il faut penser à la vie et l'agriculture c'est la vie. Planter les graines aujourd'hui et demain il y a des repoussent et récoltent. Nous ne mangeons pas de cobalt mais plutôt le manioc.

54 ETATS : Vous êtes leader d'opinion, comptez-vous dorénavant mettre dans vos chansons vos  revendications sur l'amélioration des conditions des vies de la population ? 

MOHOMBI : Dans mes chansons, je chante pour tout le monde de différents sujets, de différentes choses qui m'inspirent, de différents messages. Ces derniers temps, je prends en compte les réalités de la société. J'essaie à ma manière de les expliquer à travers mes chansons. Dans les prochains jours, il y aura beaucoup plus de mes fanes congolais qui vont se retrouver.

54 ETATS : Votre mot de la fin ?

MOHOMBI : Mon mot de la fin merci pour cette interview ça me fait toujours plaisir de s'adresser à mes fanes congolais et fanes africains que j'aime beaucoup. Je pense qu'il faut rester positif pour l'avenir, nous avons une jeunesse qui représente la majorité de la population. Et cela veut dire que le peuple est jeune. Les idées sont là, il faut que nous travaillons ensemble. Que les congolais bénissent le Congo et que Dieu bénisse les congolais.

Beni Kinkela
Journaliste et correspondant en RDC