Il y a trois ans, en octobre 2016, la France a retiré de la Centrafrique ses soldats de l'opération Sangaris. Après 50 minutes d'échange entre le président centrafricain Faustin-Archange Touadéra et le président Emmanuel Macron, il semblerait que l'heure des retrouvailles ait sonné. « La France va se réengager à nos côtés » annonce le président Touadéra. Est-ce là une stratégie pour s'assurer des soutiens aux prochaines présidentielles ?

Paix et sécurité : bientôt le grand retour de la France en Centrafrique ?

RCA : visite officielle du Président Touadéra à l'Elysée

Il y a trois ans, en octobre 2016, la France a retiré de la Centrafrique ses soldats de l'opération Sangaris. Après 50 minutes d'échange entre le président centrafricain Faustin-Archange Touadéra et le président Emmanuel Macron, il semblerait que l'heure des retrouvailles ait sonné. « La France va se réengager à nos côtés » annonce le président Touadéra. Est-ce là une stratégie pour s'assurer des soutiens aux prochaines présidentielles ?

UNICEF/Ashley Gilbertson  Photo ONU/ Hervé SereCo  © UNICEF/UN0149422/Sokhin  Des centaines de milliers de personnes en République centrafricaine sont en situation d'insécurité alimentaire grave (photo d'archives).

 

Pour l'heure, les Centrafricains attendent des réponses. À quand le retour de la paix et de la stabilité dans le pays ? Près de 3 millions de Centrafricains ont besoin d'aide. "J'ai été témoin du niveau de souffrance de la population affectée par cette crise particulièrement complexe, la situation humanitaire dans ce pays continue de se détériorer", a déploré Mme Mueller, Chef Adjointe du Département des Affaires Humanitaires de l’ONU lors d'une conférence à Bangui, la capitale de la RCA.

L'accord de paix signé signé le 6 février dernier, entre le président centrafricain Faustin-Archange Touadéra et les représentants de 14 groupes armés, qui prévoyait que les parties s'engagent à « renoncer » dès la signature de l'accord « à tout recours à la force armée » n'est pas respecté. De violents combats ont éclaté début septembre dans la ville de Birao dans l’extrême nord-est du pays. Des affrontements qui interviennent une semaine après une grande réunion bilan à Bangui. Les combats qui ont duré une bonne partie de la journée opposent notamment le MLCJ au FPRC. Des acteurs sur le terrain se disent inquiets par la possible coalition du MLCJ avec d’autres groupes armés de la zone ainsi que le renforcement des éléments constatés. Des informations que nient le leader du MLCJ Gilbert Toumou Deya qui insiste sur l’implication des communautés locales dans les combats. Gilbert Toumou Deya qui est aussi ministre en charge des relations avec les groupes armés appelle les hommes du FPRC à se replier vers Ndele et d’y attendre le DDR.

Le président Touadéra signe l'accord, le 6 février 2019, au palais présidentiel (palais de la Renaissance) à Bangui.

 

En moyenne,  d'après l'ONU, un incident présumé de violence basée sur le genre est signalé toutes les 60 minutes en République centrafricaine et 92% des victimes sont des femmes et des filles. La RCA est l’un des pays les plus dangereux au monde pour les humanitaires et, jusqu'à présent, cette année, 3 travailleurs humanitaires ont été tués et 26 ont été blessés.

Réunion    de    concertation    entre    les    parties    signataires    de    l’APPR-­‐RCA    avec    les    Garants    et    Facilitateurs

Mankeur Ndiaye, le chef de la Minusca, déclarait le 23 août dernier : "Nous attendons donc avec intérêt que des progrès se réalisent particulièrement dans les domaines de la sécurité, du respect et de la protection des femmes, des enfants, et des civils en général, du PNDDR et de l’opérationnalisation des USMS. Si des progrès rapides, et visibles, ne sont pas faits dans tous ces domaines, je crains fort que l’appui à l’Accord de paix des Centrafricaines et des Centrafricains ne disparaisse totalement." Et c'est à présent chose.

La Russie s’était engagée en avril dernier, auprès des Nations unies, pour envoyer ces hommes auprès de la Minusca – le décret signé par Vladimir Poutine précisait que le contingent comprendrait des observateurs militaires, des officiers et des spécialistes des communications. 

Les Présidents  Faustin Archange Touadera et  Vladimir Poutine

 

Cette participation à la Minusca témoigne de l’intérêt croissant de la Russie pour la Centrafrique. Intérêt qui s’est manifesté par l’envoi d’armement et d’instructeurs militaires. Des investissements se sont multipliés également dans le secteur minier.

Aujourd'hui, force est de constater que malgré la présence de la Minusca, et des Russes, le calme n'est pas revenu sur la Centrafrique.

Des exactions sont commises chaque jour et d'après nos sources, des coups d'Etats se préparent depuis la RCA vers d'autres pays d'Afrique centrale comme en Guinée équatoriale où des groupes armés centrafricains, des civils et des opposants s'organisent pour, une fois de plus destabiliser le pouvoir en place.

"La Centrafrique est véritablement le ventre mou de l'Afrique centrale" comme l'affirme Abdul Karim Meckassoua et le président Touadéra semble dépassé par la situation. C'est sans doute ce qui explique sa présence jeudi 5 septembre, à l'Elysée.

 

 

 

Priscilla Wolmer
Directrice de la rédaction