Nidaa Tounes pourrait-il rompre son alliance avec les islamistes en Tunisie ?

En raison d’un échec électoral

Les sympathisants et militants d’Ennahdah  auraient-ils aidé d’une manière ou d’une autre Yassine Ayari à remporter la partielle d’Allemagne ? Pour l’heure, Nidaa Tounes évoque une nécessaire révision de ses relations avec Ennahdah.

La classe politique tunisienne ne cesse d’évoquer la victoire de Yassine Ayari aux élections partielles qui se sont tenu les 15, 16 et 17 décembre 2017 dans la circonscription électorale d’Allemagne pour l’Assemblée des Représentants du Peuple (ARP), le Parlement tunisien.

 La victoire de cet illustre inconnu, du moins du grand public, du reste bien inattendue, a suscité nombre de commentaires et risque de chambouler le paysage politique tunisien à l’heure où le pays va engager, en mai 2018, des municipales. Combien importantes eu égard au poids du pouvoir local inscrit dans la constitution.

Pourquoi ?  Parce qu’elle peut délivrer un message d’une extrême gravité : le désintérêt, que l’on dit croissant, des Tunisiens pour la politique et surtout pour la classe politique qui ne se soucie guerre de leur quotidien : elle ne cesse de se battre pour des causes partisanes alors qu’ils subissent de plein fouet une crise économique des plus dures.

Du jamais vu en Tunisie

En témoigne notamment la cherté de la vie : l’inflation pourrait galoper à 9% au cours des prochains mois : elle a été de 6,3% en novembre 2017.

Yassine Ayari, un militant que l’on décrit proche de la mouvance islamiste, a réussi à être élu avec seulement 284 voix. 21,83% des votants certes, mais pour une élection à laquelle n’ont participé que 5% des inscrits sur les listes électorales (1326 votants). Du jamais vu en Tunisie.

Bien plus, le parti au pouvoir, Nida Tounes, que dirige le fils du président de la République, Hafed Caïd Essebsi, croyait pourtant dur comme fer qu’il allait gagner cette élection. Il pensait sans doute que les sympathisants et militants de son allié au gouvernement, le parti islamiste, Ennahdah, qui n’avait pas présenté de candidat à cette élection, l’aideraient à le faire.

Ces sympathisants et militants auraient-ils aidé d’une manière ou d’une autre Yassine Ayari à remporter la partielle d’Allemagne ? Pour l’heure, Nidaa Tounes évoque une nécessaire révision de ses relations avec Ennahdah.

Et a déjà entrepris de ne pas se rendre à une réunion avec les dirigeants du parti islamiste prévue pour les 23 et 24 décembre 2017.

 

Mohamed Gontara
Journaliste - Correspondant en Tunisie